Efforts diplomatiques déployés pour défaire l'Etat islamique (EI)

De gros efforts diplomatiques ont été déployés vendredi pour défaire l'Etat islamique (EI). Le président français François Hollande s'est rendu à Bagdad pour promettre d'aider "encore davantage militairement" l'Irak, alors que le secrétaire d'Etat américain John Kerry poursuivait sa mission en Turquie, après avoir obtenu l'engagement de dix pays arabes.

M. Kerry veut convaincre Ankara de soutenir la lutte, la Turquie, alliée des Etats-Unis et membre de l'OTAN, refusant toute participation militaire. Le secrétaire d'Etat est en tournée au Moyen-Orient pour bâtir une coalition internationale destinée à "affaiblir" et à "détruire" l'EI en Irak et en Syrie, conformément à la stratégie dévoilée le 10 septembre par le président Barack Obama.

Selon l'agence américaine du renseignement (CIA), l'EI compterait "entre 20'000 et 31'500" combattants en Syrie et en Irak, dont une partie sont recrutés à l'étranger.

Turquie embarassée

Mais la Turquie, voisine de l'Irak et de la Syrie, refuse une participation active aux opérations contre les ultra-radicaux sunnites, que les Etats-Unis entendent poursuivre en Irak et étendre à la Syrie.

Le gouvernement ne souhaite pas non plus permettre aux Américains d'utiliser la base aérienne d'Incirlik (sud), proche de la frontière syrienne, pour des missions de combat, leur permettant uniquement d'en disposer à des fins logistiques ou humanitaires.

Ankara redoute de mettre en péril la vie des 46 ressortissants turcs que les jihadistes retiennent depuis juin à Mossoul, dans le nord de l'Irak.

Et la Turquie, qui accueille 1,2 million de réfugiés syriens, craint qu'une opération militaire internationale n'augmente le flot des personnes déplacées et n'aggrave l'insécurité à sa frontière.

Hollande à Bagdad

De son côté, François Hollande, qui a rencontré en Irak le président Fouad Massoum et le Premier ministre Haïdar al-Abadi, est le premier chef d'Etat étranger à se rendre à Bagdad depuis le début de l'offensive de l'Etat islamique.

"Je suis venu ici à Bagdad pour dire la disponibilité de la France pour aider encore davantage militairement l'Irak", a dit M. Hollande. La France fournit depuis août des armes aux forces kurdes qui luttent contre dans le nord du pays. Elle s'était dite prête à utiliser ses bombardiers en Irak "si nécessaire".

/ATS


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