Felipe VI exprime son "respect" et tend la main à la Catalogne

Felipe VI, roi d'Espagne depuis une semaine, a fait en Catalogne ses premiers pas de nouveau souverain. Il a exprimé son "respect" et tendant la main à la région, dirigée par les nationalistes, en conflit avec Madrid pour ses aspirations à l'indépendance.

Le roi, accompagné de la reine Letizia, présidait à Gérone une cérémonie de remise de prix de la Fondation Prince de Gérone : l'un des titres de noblesse que portait Felipe, héritier de la couronne, et qu'il a transmis à sa fille Leonor, âgée de huit ans, en prêtant serment le 19 juin.

Dans un discours prononcé dans un catalan presque parfait, il a souligné que ses visites, "beaucoup plus nombreuses récemment", étaient destinées "à rendre plus présente la Couronne sur cette terre" et à "transmettre des messages de respect, de compréhension et de vie en commun".

Début de règne délicat

Pourtant, le dossier catalan fait figure de baptême du feu pour le jeune roi, qui, après l'abdication de son père, Juan Carlos, amorce un délicat début de règne, éclaboussé par le scandale dans lequel sa soeur Cristina est menacée de procès.

Hasard du calendrier ou non, le lieu de ce déplacement n'est pas anodin. Dans cette ville de 100'000 habitants, fervent pôle indépendantiste, les élus ont voté une motion affirmant que le titre de princesse de Gérone ne représentait pas la ville.

Le leader indépendantiste "n'attend rien"

Alors que les ponts semblent coupés entre le gouvernement central conservateur et les nationalistes catalans, Felipe, même si la monarchie parlementaire espagnole le prive de réels pouvoirs, pourrait être amené à user de son influence pour favoriser un dialogue, le dernier mot revenant aux politiques.

Mais le leader indépendantiste Oriol Junqueras, chef du parti de gauche républicain Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), assurait ne rien attendre de la Couronne espagnole.

Le président nationaliste Artur Mas, qui a lancé le projet de référendum prévu le 9 novembre sur l'autodétermination de la région, était absent de la cérémonie. Aucune rencontre n'était officiellement prévue.

Pas plus que le président nationaliste basque Iñigo Urkullu, il n'avait applaudi ce jour-là au premier discours de Felipe, défendant "l'unité" de l'Espagne... avant de saluer le roi, quelques heures plus tard, lors d'une réception au Palais Royal.

/ATS


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