Hollande: Léonarda pourra rentrer en France si elle le demande

Le président français François Hollande a annoncé samedi que Leonarda, la collégienne rom expulsée au Kosovo, pourra poursuivre sa scolarité en France "si elle en fait la demande". Il a dit avoir pris cette décision par souci d'"humanité". Le rapport d'enquête a auparavant indiqué que l'expulsion avait été "conforme à la réglementation en vigueur".

"Un accueil lui sera réservé, et à elle seule", a précisé le chef de l'Etat. Rappelant qu'"aucune règle de droit n'a été enfreinte" lors de l'expulsion de Leonarda et de sa famille, M. Hollande a ajouté qu'une instruction serait adressée aux préfets pour "prohiber" toute interpellation d'élèves dans le cadre scolaire.

"Je n'irai pas seule en France, je n'abandonnerai pas ma famille. Je ne suis pas la seule à devoir aller à l'école, il y a aussi mes frères et mes soeurs", a répondu la collégienne, née en Italie. Sur ses cinq frères et soeurs, quatre sont nés en Italie et la petite dernière, âgée de 17 mois, en France.

Retour par la "force"

Leur père, Resat, 47 ans, le seul membre de la famille à être né au Kosovo, s'est emporté: "Si cela (NDLR: le retour) n'est pas possible gentiment, alors il se fera de force".

"Il n'y a aucune chance que j'accepte de diviser ma famille", a poursuivi cet homme qui avait dès vendredi prévenu qu'il se rendrait avec les siens en France "par tous les moyens".

L'interpellation de Leonarda le 9 octobre dans le Doubs lors d'une sortie scolaire a soulevé une vive émotion en France, provoquant une levée de bouclier à gauche et des manifestations lycéennes.

Selon un sondage BVA publié samedi, près de deux Français sur trois affirment toutefois être opposés au retour de Leonarda en France. L'interpellation de la collégienne dans un bus scolaire n'est pas choquante pour 54% des personnes interrogées, alors que 46% se disent choquées.

"Il envoyait ses enfants mendier"

Le maire de Fano, ville italienne où avait résidé la famille, a de son côté déclaré que les autorités locales avaient menacé de retirer la garde des enfants au père. "Il les envoyait mendier", a confié l'élu.

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