Inde: chameaux et yaks au secours des électeurs éloignés

L'Inde a donné lundi le coup d'envoi d'élections législatives hors normes. Ce marathon électoral, qui s'étale sur plus d'un mois, devrait porter au pouvoir le leader nationaliste hindou Narendra Modi, donné favori pour succéder au parti du Congrès de la dynastie Gandhi.

Selon les sondeurs, les quelque 814 millions d'électeurs indiens, préoccupés par le ralentissement de l'économie et la hausse des prix, pourraient mettre fin à dix ans de pouvoir du Congrès, usé par de nombreuses affaires de corruption.

Défi logistique, le marathon électoral se déroule en neuf étapes jusqu'au 12 mai pour permettre aux électeurs de déposer leur bulletin dans l'un des près d'un million de bureaux de vote du pays. Les résultats seront proclamés le 16 mai.

Moyens inchangés en 63 ans

Les électeurs de six circonscriptions de l'Assam et du Tripura, deux petits Etats enclavés du nord-est souvent négligés par le pouvoir, étaient les premiers à voter lundi. Au total, environ 15'000 candidats de 500 partis se disputent les 543 sièges de la Lok Sabha, la chambre basse du parlement.

Le code électoral stipule qu'aucun électeur ne doit parcourir plus de 1,2 kilomètres pour glisser son bulletin dans l'urne. Le vote se fait uniquement sur des machines électroniques, mais les moyens pour expédier le matériel dans certaines zones sont les mêmes que depuis le premier scrutin en 1951.

A dos de chameaux, de mules et de yaks

Des chameaux transportant ce matériel vont ainsi parcourir les déserts du Rajasthan, des mules et des yaks parcourront les massifs montagneux du nord et par endroits des organisateurs traverseront la jungle à dos d'éléphant.

Il faudra des hélicoptères et des vedettes rapides pour équiper les bureaux de vote des îles Andaman et Nicobar.

Quatre jours de marche

En 2009, lors des dernières élections, des membres de la commission électorale avaient marché pendant quatre jours pour livrer le matériel de vote dans les montagnes du Ladakh, dans le Cachemire, pour 37 électeurs, se souvient S. Y. Quraishi, alors chef de la commission électorale. Ils ont transmis les résultats par téléphone satellite plutôt que de ramener l'urne pour le dépouillement.

/ATS


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