L'accident de Brétigny surgit en pleine modernisation du réseau

Le déraillement meurtrier d'un train près de Paris vendredi est intervenu en pleine modernisation du réseau ferroviaire en France. Ce dernier s'est très fortement dégradé depuis trente ans en raison notamment de la priorité donnée aux trains à grande vitesse (TGV).

"La modernisation des trains et des voies est en marche (...), il y a un gigantesque programme de travaux sur les voies qui représente 1000 km chaque année entièrement refaits", assurait en octobre dernier le directeur de la SNCF Guillaume Pepy.

L'état inquiétant du réseau ferré français ne date pas d'hier. Dans un audit datant de 2005, l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) tirait déjà la sonnette d'alarme face à la dégradation continue des voies ferrées. Faute d'entretien, 60% des lignes devaient être inutilisables en 2025, selon ce rapport.

Important investissement

Ce document a marqué une véritable "prise de conscience" du système ferroviaire quant à l'état de son réseau, souligne Christophe Piednoël, directeur de la communication de Réseau ferré de France (RFF), le propriétaire et gestionnaire des voies. "Le réseau n'a pas été suffisamment entretenu depuis trente ans", selon lui.

Entre 2008 et 2015, RFF a cependant consacré 13 milliards d'euros (16 milliards de francs) à l'entretien et à la modernisation du réseau ferroviaire français, soit deux milliards par an, contre un milliard seulement en 2007. Cette politique permet le renouvellement de 1000 km de lignes par an sur les 30'000 km que compte le réseau.

"On n'a jamais autant investi pour le réseau depuis la guerre", insiste M. Piednoël. Dans un nouveau rapport daté cette fois de septembre 2012, les spécialistes de l'EPFL ont cependant constaté que le lifting, à coups de milliards d'euros, a surtout permis de ralentir le vieillissement du réseau, sans parvenir à le stopper.

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