L'armée bombarde l'EI dans son fief de Rakka

L'aviation et l'artillerie des forces loyales à Bachar al Assad ont pilonné la ville de Rakka, bastion des jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Il s'agit des raids les plus intenses de l'armée contre ce groupe ultra-radical, précise l'OSDH.

Au moins 31 combattants islamistes ont été tués et des dizaines blessés par les bombardements, indique l'OSDH, ajoutant que l'aviation syrienne a mené 26 raids à Rakka et dans ses environs durant cette seule journée.

Outre Rakka, le régime a mené des raids contre l'EI dans la province riche en pétrole de Deir Ezzor (est), contrôlée en grande partie par le groupe, et celle d'Alep (nord), notamment à Akhtarine et Dabeq. Région que les jihadistes contrôlent depuis mercredi après en avoir chassé les rebelles syriens.

Jusqu'à cet été, les forces gouvernementales syriennes s'étaient très largement abstenues de s'en prendre aux jihadistes de l'ex-Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Ces derniers concentraient eux-mêmes leurs attaques contre les autres groupes rebelles.

Damas aurait laissé les jihadistes prospérer

Les opposants syriens accusent Bachar al Assad d'avoir laissé l'EIIL prospérer pour répandre l'idée selon laquelle le soulèvement contre son régime serait principalement le fait d'islamistes soutenus par l'étranger, et non des Syriens eux-mêmes.

Les islamistes ont attaqué ces dernières semaines plusieurs bases et avant-postes du gouvernement syrien dans la province de Rakka, tuant des dizaines de soldats. L'armée a riposté en multipliant les raids aériens.

Samedi, l'aviation de Bachar al Assad avait déjà bombardé Rakka à 16 reprises, a déclaré un habitant interrogé par Skype, qui a également fait état de dizaines de tirs d'artillerie. Selon lui, un tiers environ de ces bombardements ont atteint des positions de l'Etat islamique, les autres touchant des zones civiles.

700 membres d'une tribu sunnite massacrés

"Le régime frappe l'EI là où il est puissant. Dans les régions où ce groupe est aux prises avec les rebelles, il n'intervient pas pour que ses deux ennemis soient affaiblis", d'après Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Mais dès qu'une partie prend le dessus, il la frappe", ajoute-t-il.

Selon l'OSDH, les jihadistes de l'EI ont tué ces deux dernières semaines plus de 700 membres de la tribu sunnite des Chaïtat, qui a tenté de se rebeller contre leur autorité dans la province de Deir Ezzor.

Appel à l'aide

L'opposition en exil a appelé les Occidentaux, en tête desquels les Etats-Unis, à agir "rapidement" contre l'EI et le régime syrien, à l'instar de leur intervention en Irak.

Les Occidentaux, qui soutiennent la rébellion lancée en 2011 contre le régime Assad, ont jusqu'ici refusé de l'armer ou de l'aider militairement, affirmant craindre que les armes ne tombent entre les mains des extrémistes.

/ATS


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