L'expulsion de Berlusconi constitue un épilogue amer pour la presse

L'expulsion de Silvio Berlusconi du Parlement marque la fin d'une ère politique qui aura duré 20 ans et représente un "épilogue amer" pour le Cavaliere, estiment les éditorialistes italiens. La "Corriere della Sera" relève que cette expulsion constitue une forme de "malédiction italienne".

"Nous aurions tous préféré un épilogue différent et moins amer, pour nous-même et notre dignité nationale, pour l'image que nous offrons à l'étranger", écrit de son côté "Il Sole 24-Ore", le quotidien des milieux financiers.

Le vote de mercredi qui rend M. Berlusconi, 77 ans, inéligible pour six ans, est le résultat d'une loi destinée à assainir la vie politique qui prévoit l'exclusion de tout élu condamné à plus de deux ans de prison. Le Cavaliere s'est vu infliger quatre ans, dont trois annulés par une amnistie, dans le procès Mediaset.

Adversaires "responsables"

Cette expulsion "confirme la malédiction italienne qui semble rendre impossible la fin d'une ère politique sans traumatisme et sans haine", écrit le "Corriere della Sera", en allusion au départ de Bettino Craxi sous la huée de ses adversaires et son exil en Tunisie.

"De nombreux adversaires de Berlusconi sont responsables de cette fin (...) mais une forte responsabilité revient justement à lui", poursuit-il.

"Il peut considérer injuste autant qu'il veut sa condamnation pour fraude fiscale (...) mais il est évident qu'elle est incompatible avec une fonction publique", poursuit le quotidien, qui lui reproche de ne pas avoir offert à ses électeurs "un projet visant à garder uni le centre-droit" et leur a demandé une "énième bataille prétorienne en défense du chef".

Dans "des conditions précaires"

Le journal de gauche "La Repubblica" se félicite en revanche du fait que "même en Italie et même pour un leader politique, carrément l'un des hommes les plus puissants des 20 dernières années, à la fin valent les règles démocratiques de l'Etat de droit et la loi se confirme égale pour tous".

"Il n'est pas acquis que la déchéance de Berlusconi corresponde à sa fin politique", souligne pour sa part la "Stampa". Mais son exclusion "le met dans des conditions précaires (...) Si ce n'est pas sa fin, c'est clairement le début d'un déclin qui pourrait être rapide".

/ATS


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