L'opposition cambodgienne annonce sa victoire aux législatives

L'opposition cambodgienne a annoncé sa victoire aux élections législatives face au Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 1985. Elle n'a pas attendu la publication des résultats de la commission électorale.

"Aujourd'hui est une journée historique au cours de laquelle le Parti du sauvetage national du Cambodge a remporté les cinquièmes élections législatives", a indiqué contre toute attente son leader Sam Rainsy dans un communiqué. Il a appelé ses compatriotes "au calme" en attendant les résultats officiels.

Le Parti du peuple cambodgien (CPP) d'Hun Sen est considéré comme le grand favori d'un scrutin émaillé de multiples allégations d'irrégularités. Son porte-parole a d'ailleurs immédiatement mis en doute le bien-fondé des déclarations de son adversaire. "Pour l'instant, le CPP mène", a-t-il affirmé, précisant que les résultats tomberaient probablement plus tard que d'habitude.

Après presque 30 ans au pouvoir, Hun Sen n'a même pas pris la peine de faire campagne. Il dirige le royaume tout seul ou presque depuis 1985 et a promis de rester au pouvoir encore au moins dix ans.

Irrégularités dénoncées

L'opposition a affirmé que les irrégularités aux élections avaient été les pires jamais constatées au Cambodge. Elle a laissé planer le doute sur sa volonté d'accepter les résultats officiels.

Un porte-parole du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) de Sam Rainsy a fait état de la disparition de milliers de noms sur les listes et d'électeurs qui n'ont pu voter parce que quelqu'un l'avait apparemment déjà fait à leur place.

L'encre théoriquement indélébile, utilisée pour empêcher qu'un inscrit vote plusieurs fois, est par ailleurs facilement lavable avec du citron, a-t-il ajouté. "Il est facile pour les gens mal intentionnés de voter deux ou trois fois".

Accusations rejetées

La Commission nationale électorale (NEC) a nié farouchement les accusations de tricheries. "Les gens (de l'opposition) perturbent les bureaux de vote", a dénoncé son secrétaire général. "Il n'y a pas de problème de noms qui ont disparu des listes".

/SERVICE


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