L'opposition ukrainienne reste mobilisée après les négociations

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a eu jeudi une deuxième série d'entretiens qui s'est achevée tard dans la soirée avec les chefs de file de l'opposition. Ceux-ci ont ensuite fait part aux manifestants de leur déception, les appelant à rester mobilisés sans effusion de sang.

Le président Viktor Ianoukovitch a reçu pendant environ quatre heures les principaux opposants, qui lui avaient lancé la veille un ultimatum. A sa sortie de la présidence, l'un des chefs de file de l'opposition, l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk, a déclaré à la presse qu'il existait de "fortes chances" de mettre fin aux violents affrontements qui ont fait cinq morts à Kiev la veille.

Il s'est toutefois montré, comme les autres dirigeants de l'opposition, bien plus tempéré peu après face aux manifestants réunis par milliers place de l'Indépendance. "Nous maintenons la garde, aucun pas en arrière", a-t-il déclaré à la foule.

"Je sais à quel point la situation est tendue, je sais à quel point les attentes sont grandes, je sais que beaucoup vont être déçus", a renchéri l'ancien boxeur Vitali Klitschko. "La seule chose que nous avons obtenu de notre rencontre avec Ianoukovitch, c'est une promesse de libérer tous les militants", a-t-il expliqué, ajoutant qu'il ne servait à rien de s'asseoir à la table des négociations.

Klitschko, qui a rencontré les protestataires sur les barricades érigées dans le centre de Kiev, a espéré que la situation "n'aboutisse pas à un bain de sang et que personne ne soit tué". "J'ai peur qu'il y ait des morts, j'ai vraiment peur de ça", a dit l'ancien boxeur.

Le président ukrainien avait demandé dans l'après-midi une réunion d'urgence du Parlement face à la montée des violences. "L'agitation de masse a été accompagnée de violences, d'effusions de sang, d'incendies. Cela signifie qu'aujourd'hui la situation doit être réglée immédiatement", a déclaré Viktor Ianoukovitch au président du Parlement, Volodimir Ribak.

Des milliers de manifestants ont envahi jeudi les bureaux de plusieurs gouverneurs régionaux, nommés par M. Ianoukovitch, notamment dans l'ouest de l'Ukraine ukrainophone, très favorable au mouvement de contestation. A Lviv, ils ont pris d'assaut les bureaux du gouverneur Oleg Salo, qui a présenté sa démission sous la menace d'une séquestration avant de se rétracter une fois libéré.

/ATS


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