Le gouvernement de Manuel Valls a la confiance de l'Assemblée

Le Premier ministre français Manuel Valls a obtenu mardi la confiance de l'Assemblée nationale, offrant ainsi un répit au président François Hollande qui bat des records d'impopularité. Toutefois, jamais un Premier ministre n'avait recueilli aussi peu de suffrages depuis 28 ans.

"Je vous remercie de votre confiance, je serai à la hauteur", a promis M. Valls après l'annonce du résultat: 269 pour, 244 contre et 53 abstentions. Cette majorité est nettement inférieure aux 306 voix recueillies pour son premier gouvernement, en raison de l'abstention de 32 députés "frondeurs" de son parti, opposés au virage libéral.

Lors de son discours avant le vote, le Premier ministre s'est voulu offensif. Il a maintenu le cap de la relance de la compétitivité et de l'assainissement des finances publiques, tout en récusant les accusations de "régression sociale".

"Rien ne doit nous faire dévier de notre engagement à réaliser 50 milliards d'économies en trois ans", a-t-il martelé.

"La France décide seule"

Il a souligné que la France ne demandait "aucune facilité" pour ses dérapages budgétaires. Paris vient de repousser à la fin du quinquennat de François Hollande (2017) le retour de son déficit public sous le plafond européen de 3% du PIB.

Mais, a-t-il ajouté à l'adresse de l'Allemagne et implicitement de la Commission européenne, "la France décide elle seule de ce qu'elle doit faire".

A une semaine d'une rencontre avec la chancelière Angela Merkel, le Premier ministre n'a pas ménagé Berlin en appelant la première économie européenne à "assumer ses responsabilités" pour relancer l'économie dans la zone euro. "L'accord entre nos deux pays est indispensable pour relancer la croissance et redonner au projet européen sa véritable ambition", a-t-il dit.

"Réformer, ce n'est pas régresser"

Dans un message à peine voilé aux députés frondeurs de l'aile gauche du Parti socialiste qui l'accusent de dérive sociale-libérale, le Premier ministre a revendiqué ses "valeurs chères à la gauche" et n'a pas épargné le patronat.

Ce vote de confiance des députés fournit un répit au très impopulaire président François Hollande. Il va aussi redonner à l'exécutif une légitimité que lui contestent l'opposition de droite et une large partie de l'opinion.

/ATS


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