Le pape à Lampedusa pour "pleurer" la mort de centaines de migrants

Le pape François effectue lundi sur l'île de Lampedusa une visite sans précédent pour "pleurer" la mort de centaines de migrants venus d'Afrique du nord qui avaient tenté de traverser la Méditerranée. Une nouvelle embarcation avec 166 migrants à bord a atteint l'île lundi matin.

De façon très sobre, l'ex-archevêque de Buenos Aires jettera une couronne de fleurs à la mer et présidera une messe en hommage aux victimes, muni d'une croix faite de débris des embarcations de fortune des migrants.

Le curé de Lampedusa, le père Stefano Nastasi, à l'origine de la venue du pape, a souligné que la messe serait célébrée dans le petit stade local où furent accueillis à un certain moment les migrants "dont personne ne voulait ni en Italie ni dans le reste de l'Europe".

Il s'agit du premier voyage de Jorge Bergoglio hors de Rome depuis son élection le 13 mars.

Alors que le pape était attendu sur place, un nouveau bateau de 166 migrants a été conduit lundi matin à Lampedusa. L'embarcation a été accompagnée vers l'île par des vedettes de la police financière et de la capitainerie du port, ont rapporté des journalistes de l'AFP.

Dimanche soir, une autre embarcation transportant 120 personnes avait été interceptée à la dérive devant les côtes siciliennes au sud de Porto Palo, la pointe la plus méridionale de l'île principale de Sicile.

Secours renforcés

La présidente de la Chambre des députés italienne et ancienne porte-parole du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés en Italie, Laura Boldrini a lancé un appel lundi pour que "les secours en mer aux immigrés soient renforcés". En outre, a-t-elle dit sur une chaîne de télévision italienne, "les lois doivent être claires sur le fait qu'aider, secourir est un devoir juridique et éthique".

Selon elle, "beaucoup d'embarcations font semblant de ne pas voir (les bateaux d'immigrés) laissant à la dérive des êtres humains qui n'arrivent pas toujours sains et saufs à destination". "Cela fait un drôle d'effet de voir des immigrés qui s'agrippent à des cages pour thons", a-t-elle souligné.

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