Le procès Bo Xilai jette une lumière crue sur l'élite communiste

Des coffres-forts recelant plus d'argent que n'en verra en une vie un simple Chinois, une villa sur la côte d'Azur achetée grâce à des montages pour contourner le fisc, un enfant paradant autour du monde dans de luxueux voyages. Le procès de Bo Xilai a donné l'image d'une élite communiste déconnectée de la réalité.

De jeudi à lundi, les débats devant le tribunal de la ville orientale chinoise de Jinan ont étalé au grand jour le style de vie du clan rapproché de cet ancien membre du puissant Bureau politique du Comité central du PC chinois. Ses résidences partagées avec son épouse Gu Kailai hébergeaient ainsi des coffres-forts, dont l'un au moins contenait des "centaines de milliers de yuans" et de dollars.

Ce grand déballage a également permis de décrire le rôle joué par un richissime homme d'affaires proche du couple, Xu Ming, qui finançait généreusement les désirs de Mme Gu, dont une résidence de six chambres et deux étages, avec piscine et jardin, dans un quartier huppé de Cannes.

Fêtard pistonné

Le procès a confirmé l'image du fils du couple, Bo Guagua, souvent dépeint comme un "fils à papa", fêtard et coupé de la réalité. Cela ne l'a pas empêché, grâce à d'efficaces "pistons", de passer par les plus prestigieuses - et coûteuses - universités mondiales, telles Harrow et Oxford en Grande-Bretagne, Harvard aux Etats-Unis et actuellement Columbia à New York.

Bo Xilai a réfuté en bloc avoir reçu en pots-de-vin l'équivalent de 3,27 millions de francs de Xu Ming. Il a nié aussi avoir détourné cinq millions de yuans (750'000 francs) de fonds publics.

Lumière scandaleuse

Mais, quel que soit le verdict, il faudra longtemps, selon les experts, pour effacer l'impact du scandale Bo Xilai, qui a jeté une lumière crue sur les moeurs d'une nomenklatura vivant au-dessus des lois et dans une bulle dorée, à mille lieues des préoccupations de la population.

Au terme du procès, le réquisitoire du procureur a laissé augurer une peine sévère en invoquant les infractions "extrêmement graves" de Bo Xilai. Le verdict tombera à une date non précisée.

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