Les Cambodgiens aux urnes, l'opposition crie à la fraude

Les Cambodgiens se rendent aux urnes pour des législatives qui devraient permettre à l'homme fort du pays Hun Sen de conserver son poste. L'opposition a dénoncé les pires irrégularités de l'histoire, avec notamment un intense trucage des listes électorales.

Un porte-parole du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP, opposition) a fait état de la disparition de milliers de noms sur les listes et d'électeurs qui n'ont pu voter parce que quelqu'un l'avait apparemment déjà fait à leur place.

L'encre théoriquement indélébile, utilisée pour empêcher qu'un inscrit vote plusieurs fois, est par ailleurs facilement lavable avec du citron, a-t-il ajouté. "Il est facile pour les gens mal intentionnés de voter deux ou trois fois".

Accusations rejetées

La Commission nationale électorale (NEC) a nié farouchement les accusations de tricheries. "Les gens (de l'opposition) perturbent les bureaux de vote", a dénoncé son secrétaire général. "Il n'y a pas de problème de noms qui ont disparu des listes".

Selon un témoin, quelque 500 personnes manifestaient dimanche à la mi-journée dans la province de Prey Veng (est) contre des électeurs soupçonnés d'irrégularités.

Le CNRP tente de bousculer la suprématie de Hun Sen, Premier ministre depuis 1985, qui a promis de rester au pouvoir encore dix ans et assure qu'il obtiendra de nouveau sans difficulté la majorité à l'assemblée.

En 2008, son Parti du peuple cambodgien avait conquis 90 sièges sur 123. Hun Sen est constamment accusé par ses détracteurs au Cambodge et à l'étranger de réprimer ses opposants. Son principal adversaire Sam Rainsy, chef du CNRP, n'a pu rentrer d'exil en France qu'il y a dix jours et n'est pas autorisé à briguer personnellement un siège de député.

Quelque 9,6 millions de personnes sont invitées à participer à ce scrutin.

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