Les affrontements continuent en Turquie

La police turque tentait toujours de reprendre mardi soir le contrôle de la place Taksim, berceau du mouvement de contestation contre le gouvernement dans le centre d'Istanbul. Cette opération a donné lieu toute la journée à de violents affrontements.

Après une première intervention au petit matin qui avait permis de dégager une grande partie de la place, la police anti-émeute a tenté à plusieurs reprises de repousser les derniers manifestants, à l'aide de grenades lacrymogènes et de canons à eau.

Une nouvelle tentative a eu lieu en fin d'après-midi, peu après que les protestataires aient réclamé au son des tambours la démission du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Mais à la tombée de la nuit, plusieurs milliers de jeunes très résolus tenaient toujours tête aux forces de sécurité, dans l'odeur âcre des gaz lacrymogènes, des feux de camp et des pneus incendiés.

Campement des contestataires

En milieu de journée, les policiers ont aussi fait une brève incursion, d'une dizaine de minutes, dans le parc Gezi qui jouxte la place, avant de se retirer.

Les contestataires occupent toujours un campement de fortune à l'intérieur du parc, qu'ils disent vouloir protéger d'un projet immobilier voulu par le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan.

Erdogan "ne changera pas"

Le Premier ministre a dit mardi à nouveau sa résolution à ne pas céder à la pression de la rue, après plus de dix jours de manifestations qui se sont étendues à plusieurs villes du pays. Il a toutefois accepté de recevoir mercredi des représentants des manifestants.

"Ils disent 'le Premier ministre est dur'. Alors que faire ? Est-ce que nous allons nous mettre à genoux devant ces gens-là ?", a déclaré le Premier ministre. "Si vous appelez cela de la dureté, je suis désolé mais Tayyip Erdogan ne changera pas", a-t-il ajouté.

"J'invite les manifestants à quitter le parc et je le leur demande en tant que Premier ministre", a dit Recep Tayyip Erdogan lors d'une réunion du groupe parlementaire de sa formation, le Parti de la Justice et du Développement (AKP).

Sous contrôle dans la matinée

Appuyées par des véhicules blindés, les forces de l'ordre ont repris dans la matinée le contrôle de Taksim et enlevé des banderoles accrochées sur la façade d'un bâtiment donnant sur la place.

La police n'a laissé sur le bâtiment qu'un seul drapeau turc ainsi qu'un portrait de Mustafa Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne dont les partis laïques affirment défendre l'héritage.

Elle a tiré au canon à eau sur des groupes de manifestants qui lançaient dans sa direction des pierres, des cocktails Molotov et divers objets.

Craintes pour l'économie

Ces troubles ternissent l'image d'une Turquie démocratique et ouverte à l'économie de marché que l'AKP s'emploie à donner au monde depuis plusieurs années.

/SERVICE


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