Les agresseurs de l'étudiante de New Delhi reconnus coupables

Les quatre auteurs présumés du viol d'une étudiante en décembre à New Delhi ont été reconnus coupables mardi de viol en réunion et de meurtre, encourant ainsi la peine de mort. Une enquête montre par ailleurs que près d'un quart des hommes vivant en Asie-Pacifique ont déjà commis un viol.

Les quatre accusés ont été brièvement amenés en salle d'audience pour le verdict avant d'être emmenés par la police. Tous ont plaidé non coupables.

Les avocats de trois d'entre eux ont annoncé aussitôt après l'audience qu'ils feraient appel de la décision du juge. "Nous ferons appel devant la Haute Cour. C'est une condamnation politique", a dit l'avocat A.P. Singh, devant une masse de journalistes.

Tout appel est susceptible de repousser de plusieurs années la décision finale de la justice en raison de la lenteur du système judiciaire indien.

"Mon client conduisait le bus. Il a reconnu honnêtement qu'il conduisait le bus mais qu'il ne savait pas ce qui se passait à l'intérieur", a déclaré V.K. Anand, un autre avocat.

Des viols "pour se distraire"

Près d'un quart des hommes dans la région Asie-Pacifique reconnaissent avoir déjà commis un viol. C'est le constat d'une vaste enquête de l'ONU publiée dans la revue médicale britannique "The Lancet".

D'une ampleur inédite, avec plus de 10'000 hommes de 18 à 49 ans interrogés sous couvert de l'anonymat, cette étude confirme que "la violence contre les femmes est une dure réalité", a déclaré Roberta Clarke, représentante de l'ONU, lors de la présentation de cette étude mardi à Bangkok.

Ils sont près de 11% en moyenne à avoir commis au moins un viol. La proportion monte à près d'un quart (24%) lorsqu'on inclut les viols sur sa partenaire, épouse ou petite amie. Là aussi, les écarts sont importants: de 13% au Bangladesh à 59% en Papouasie.

Sur ce total, "seuls" 45% des hommes interrogés disent avoir récidivé dans le viol. Parmi eux, 59% disent avoir commis cette agression pour se distraire, et plus d'un tiers (38%) pour punir leur victime.

Aucune poursuite judiciaire

Chiffre particulièrement inquiétant, parmi les hommes ayant reconnu avoir déjà violé, la moitié étaient adolescents au moment des faits, 12% ayant même moins de 15 ans. La plupart ont précisé n'avoir fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire.

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