Nouveau gouvernement mardi sans Montebourg qui reprend sa liberté

La France connaît depuis lundi sa crise politique la plus grave depuis l'élection en 2012 du président François Hollande. Critiqué par son ministre de l'Economie Arnaud Montebourg qui a affirmé vouloir retrouver sa liberté, le chef de l'Etat a demandé à son Premier ministre de constituer une nouvelle équipe. Ses anciens alliés écologistes n'en feront pas partie.

Le président socialiste, pressé par le chef du gouvernement Manuel Valls, a choisi la fermeté face à la fronde du bouillant ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, au risque de fragiliser un peu plus sa majorité.

Les deux hommes ont surpris, y compris à Bercy, par leur réaction. Ils souhaitaient frapper fort pour adresser notamment un message de sérieux et de fermeté à l'Union européenne et à leurs partenaires allemands.

Manuel Valls a été chargé de constituer d'ici mardi un gouvernement "en cohérence avec les orientations" économiques établies par le chef de l'Etat, selon un communiqué de l'Elysée. Dans l'après-midi, M. Montebourg a souligné qu'il n'en fera pas partie et qu'il avait décidé de "reprendre (sa) liberté", reconnaissant n'avoir "pas réussi à convaincre".

Allemagne et économie visées

"Les politiques de réduction des déficits (...) sont une absurdité financière car, en plombant la croissance, elles empêchent par la chute de l'activité la réalisation de leurs propres objectifs", a déclaré Arnaud Montebourg lors d'une brève allocution publique. Il n'aura plus de mandat d'élu au niveau national.

M. Montebourg, 51 ans, qui ne s'est jamais privé de critiquer les orientations économiques de l'Union européenne, avait appelé ce week-end à un changement de cap. Il avait demandé notamment à M. Hollande dans un entretien au quotidien "Le Monde" de "hausser le ton" vis-à-vis de l'Allemagne, "prise au piège" de la rigueur "qu'elle a imposée à toute l'Europe".

Ces critiques constituent une alerte sérieuse pour François Hollande au plus bas dans les sondages et dont la majorité semble de plus en plus fragilisée. Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a réaffirmé lundi son refus de réintégrer le gouvernement, sans pour autant faire taire les ambitions personnelles.

/ATS


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