Le mouvement pro-démocratie ne s'essouffle pas à Hong Kong

Des milliers de manifestants continuaient de braver le pouvoir lundi à Hong Kong après une nuit d'affrontements avec les forces de l'ordre. Le mouvement a paralysé le coeur de la ville pour exiger de Pékin davantage de libertés politiques.

La campagne de désobéissance civile, qui couve depuis des semaines dans l'ancienne colonie britannique, s'est brutalement accélérée au cours du week-end. Hong Kong a connu les pires troubles civils depuis son passage sous tutelle chinoise en 1997.

Dans des scènes de rue chaotiques, les policiers ont tiré dimanche des salves de gaz lacrymogène pour tenter de disperser les protestataires. Ces derniers s'étaient rassemblés par dizaines de milliers dans des quartiers du centre, mais ils avaient également débordé jusque dans Kowloon, en face de l'île de Hong Kong, sur le continent.

Les manifestants, qui ont aussi essuyé des jets de gaz au poivre, étaient pour la plupart vêtus de ponchos en plastique et s'étaient enveloppé le visage avec du film alimentaire pour tenter de se protéger. Selon la radio RTHK, 41 personnes blessées durant les affrontements ont été hospitalisées et 78 personnes ont été arrêtées.

Geste d'apaisement

Dans un geste apparent d'apaisement, le gouvernement de Hong Kong a annoncé le retrait, lundi à l'aube, de la police antiémeute. "Les citoyens rassemblés dans la rue s'étant calmés, la police antiémeute a été rappelée", a-t-il annoncé dans un communiqué.

En échange, l'exécutif de la Région administrative spéciale invite les manifestants à se disperser dans le calme et à "libérer les routes occupées dès que possible pour laisser le passage aux véhicules d'urgence et rétablir les transports publics". Les manifestants ont marqué une pause pour préparer la suite.

Les militants pro-démocratie ont pris le contrôle d'au moins trois carrefours routiers majeurs. Plus de 200 lignes d'autobus ont été suspendues ou déviées, la circulation des tramways était perturbée et des stations de métro fermées. De nombreuses écoles ont gardé portes closes, de même que bon nombre d'entreprises, perturbant l'activité économique de cette région autonome sous administration chinoise.

/ATS


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