Les mauvais traitements au coeur du Chemin de croix du pape

François a prié dans la nuit au Colisée pour tous les précaires victimes de la crise, les enfants et femmes abusés et maltraités, les victimes de l'alcool et de la drogue. Le traditionnel Chemin de croix était d'une tonalité très concrète et chaleureuse.

"Si tu n'étais là, Dieu, je me sentirais une créature finie! Avec la croix, le mal n'a pas le dernier mot, mais l'amour, le pardon, la miséricorde", a-t-il dit à la fin de la cérémonie, affirmant que "la croix est pesante mais aussi glorieuse". "Rappelons-nous les malades, toutes les personnes abandonnées", a-t-il lancé devant une foule de quelque 40'000 fidèles.

C'est un évêque italien, Giancarlo Maria Bregantini, archevêque de Campobasso (sud), connu pour ses positions courageuses contre la mafia et grand défenseur des chômeurs, qui avait été chargé par Jorge Mario Bergoglio de rédiger les méditations des quatorze stations. Les thèmes abordés, universels et tous liés à la vie quotidienne des gens, étaient en syntonie avec les priorités de François: proximité, tendresse, accueil, solidarité.

Comme l'année précédente, le pape était installé en hauteur, sous un dais rouge, devant la foule dans la nuit et ses dizaines de milliers de lumières de bougies, tandis que des groupes de deux - jeunes, détenus, malades, immigrés, etc. - se relayaient pour porter la croix autour de l'amphithéâtre Flavien. Des milliers de chrétiens y avaient été autrefois martyrisés.

La méditation a mis l'accent sur les gestes du volontariat: "une nuit à l'hôpital, un prêt sans intérêt, une larme essuyée en famille, la gratuité sincère, le partage du pain et du travail". Mgr Bregantini a décrit les maux qui frappent les jeunes: "condamnés à mort, massacrés par les guerres, surtout les enfants soldats".

L'accueil des immigrés "qui demandent asile, dignité et patrie" et la situation dans les prisons, deux priorités de François, ont été aussis relevés: "la double peine de la surpopulation carcérale, qui consume la chair et les os", a été dénoncée par Mgr Bregantini, ancien aumônier de prison.

L'objet de méditations du Vendredi Saint, jour de la crucifixion de Jésus, est de rappeler que, selon la tradition, il s'est fait solidaire de toutes ces souffrances en acceptant de mourir sur la croix avant de ressusciter à Pâques.

/ATS


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