France: Valls veut "poursuivre et amplifier" le travail d'Ayrault

Le nouveau Premier ministre français Manuel Valls, apôtre du social-libéralisme nommé dans l'urgence après la débâcle des élections municipales, a pris ses fonctions mardi après-midi. Il a affirmé sa volonté de "poursuivre et amplifier" le travail de son prédécesseur.

M. Valls, dont l'équipe gouvernementale sera annoncée mercredi, a succédé à Jean-Marc Ayrault, socialiste comme lui. Il a la mission fixée par le président François Hollande de concilier réduction des déficits et diminution des impôts, sous l'oeil de Bruxelles.

"Le président de la République a tracé une feuille de route pour aller encore plus loin, plus vite" dans la voie du redressement, a dit M. Valls dans la cour de l'Hôtel Matignon au côté de M. Ayrault, lors d'une brève cérémonie de passation de pouvoir.

Critique par la gauche

M. Ayrault en a lui profité pour conseiller à son successeur "de dire la vérité aux Français".

L'arrivée de l'ancien ministre socialiste de l'Intérieur, tessinois d'origine par sa mère et connu pour sa fermeté et son franc-parler, menace de faire voler en éclat la majorité présidentielle. Les écologistes, qui goûtent peu le profil de "socialiste de droite" de M. Valls, ont prévenu qu'ils ne participeraient pas au gouvernement si leur demande de changement de cap politique n'était pas entendue.

La gauche du Parti socialiste a également exprimé ses réserves devant une nomination synonyme selon le député Henri Emmanuelli d'un "coup de barre à droite".

Du côté du peuple, six Français sur dix approuvent la nomination de Manuel Valls. Mais ils sont tout aussi nombreux à estimer qu'il ne fera pas mieux que Jean-Marc Ayrault, selon un sondage Ifop pour "L'Edition du Soir".

L'arrivée de l'ex-ministre de l'Intérieur à Matignon est approuvée par 61% des personnes interrogées, dont une large majorité de sympathisants du Parti socialiste (77%) mais aussi de sympathisants de l'UMP.

Royal ou encore Rebsamen

Les spéculations allaient bon train mardi sur les personnalités en vue pour les postes-clés du nouveau gouvernement. Parmi les entrants, est cité le nom de Ségolène Royal, candidate à la présidentielle de 2007 et ex-compagne du président, peut-être pour prendre un ministère élargi de l'Éducation.

Un fidèle de M. Hollande, François Rebsamen, pourrait s'occuper de l'Intérieur, un poste qu'il souhaitait en 2012. Laurent Fabius était en général donné comme reconduit aux Affaires étrangères, ainsi que le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, reçu mardi matin par le futur chef de gouvernement.

/ATS


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