Mort du patron de Total: deux nouvelles détentions en Russie

La justice russe a placé vendredi le chef des nettoyeurs de pistes et un aiguilleur du ciel en détention provisoire pour deux mois. Cette décision s'inscrit dans le cadre de l'enquête sur le crash meurtrier à Moscou de l'avion du patron de Total.

Le responsable du contrôle des vols et une aiguilleuse "stagiaire" ont écopé d'une mise en résidence surveillée pour la même durée. Ces quatre employés de l'aéroport Vnoukovo de Moscou, théâtre de l'accident, avaient été arrêtés quelques jours auparavant par les enquêteurs russes, qui leur reprochent de ne pas avoir respecté les normes de sécurité.

Parmi les deux aiguilleurs du ciel arrêtés par les enquêteurs figure Alexandre Krouglov, connu pour avoir empêché le crash d'un avion en 2007 à Vnoukovo. L'aiguilleur qui contrôlait le décollage de l'avion de Christophe de Margerie était pour sa part une jeune recrue, qui avait encore le statut de "stagiaire".

L'avion du PDG du géant pétrolier est entré en collision dans la nuit de lundi à mardi avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo avant de s'écraser. Christophe de Margerie, les deux pilotes et une hôtesse de l'air y ont perdu la vie.

Le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, qui avait selon les enquêteurs 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment de l'accident, a pour sa part été placé jeudi en détention provisoire pour deux mois.

Analyses des boîtes noires

Des experts français du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) se sont déjà rendus en Russie au cours de la semaine pour assister leurs homologues russes dans l'analyse des données de vol contenues dans les "boîtes noires" de l'appareil.

Les experts russes du MAK, équivalent russe du BEA, ont déroulé jeudi le fil des événements ayant mené à l'accident.

Pas considéré comme une "menace"

Selon eux, les pilotes de l'avion de M. de Margerie ont aperçu le chasse-neige 14 secondes après le début de la procédure de décollage et l'ont qualifié de "machine traversant la route". L'objet observé n'a toutefois pas été considéré comme une "menace" et le décollage s'est poursuivi normalement.

Quatorze secondes plus tard, l'avion de Total entrait en collision avec le chasse-neige alors qu'il avait déjà décollé, basculant sur le côté droit avant de s'écraser au sol.

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes