Navi Pillay scandalisée par les condamnations à mort en Egypte

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay s'est déclarée mardi "scandalisée" par les condamnations à mort prononcées la veille en Egypte. Elle a souligné que les procès ont été marqués par de graves irrégularités.

"Il est scandaleux que pour la deuxième fois en deux mois la sixième chambre du tribunal de Minya ait imposé la peine de mort à un nombre considérable de prévenus après des jugements de façade", a déclaré Mme Pillay, dans un communiqué publié à Genève, un jour après l'annonce des verdicts.

"Il est grand temps que l'Egypte prenne sérieusement ses engagements en matière de droits de l'homme. La peine de mort ne peut être appliquée que pour les crimes les plus graves et lorsque les garanties les plus strictes d'un procès équitable sont assurées", a ajouté la Haut Commissaire.

Elle a fermement condamné ces condamnations à mort "choquantes" de 683 partisans présumés du président islamiste destitué Mohamed Morsi, dont le chef des Frères musulmans, un mois après un premier procès de masse expéditif similaire. Les procès ont clairement violé les règles du droit international, a-t-elle dit.

Charges pas claires

Les 683 personnes étaient jugées, entre autres, pour avoir tué un policier et être entrées par effraction dans le poste de police Edwa à Minya le 14 août 2013. Mais les charges à l'encontre de chaque individu ne sont pas claires, a souligné l'ONU, "en violation complète du droit".

Saïd Youssef Sabry, le juge unique du tribunal de Minya (centre), qui avait déjà prononcé 529 peines capitales le 24 mars, en a par ailleurs commué lundi 492 en prison à vie sans explications.

Selon les experts, les nouvelles 683 condamnations à mort, comme les 37 restantes du précédent procès, devraient être annulées en appel ou en cassation pour la grande majorité, tant la procédure et les droits les plus élémentaires de la défense ont été bafoués.

En mars, Navi Pillay avait déjà souligné que l'imposition de la condamnation à mort en masse après un procès marqué par des irrégularités de procédure viole le droit international.

/ATS


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