Nouveaux affrontements: le Premier ministre appelle au calme

De nouvelles violences ont éclaté lundi en Turquie, notamment à Ankara. Alors qu'un manifestant a été tué par une voiture à Istanbul, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a invité ses compatriotes à ne pas céder aux provocations avant de prendre l'avion pour le Maroc.

Dans la foulée d'une nuit de violences entre la police et les manifestants à Istanbul, Ankara ou Izmir (ouest), des incidents ont eu lieu lundi après-midi dans la capitale turque. La police y a dispersé à jets de grenades lacrymogènes un groupe d'un millier de de protestataires scandant "Tayyip, démission !"

En milieu de journée, l'Association des médecins turcs annonçait qu'un jeune manifestant avait été tué dimanche dans une collision entre un taxi et un groupe de manifestants sur une voie rapide d'Istanbul lors d'une manifestation antigouvernementale. Il s'agit du premier décès depuis le début du mouvement de contestation.

Amnesty International (AI) a de son côté ouvert son bureau, situé à proximité de la place Taksim, pour y accueillir des protestataires fuyant les violences policières de ces derniers jours. Des médecins ont été accueillis dans les locaux pour traiter des manifestants blessés. D'autres ONG ont pris des mesures similaires.

"Soyez calmes"

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lancé un appel au calme, invitant ses compatriotes à ne pas céder aux provocations d'"éléments extrémistes".

"Nous nous comportons de manière très mesurée", a-t-il assuré, semblant rejeter les accusations d'usage excessif de la force contre les protestataires formulées par les Etats-Unis et l'Union européenne.

Appel à la grève

La Confédération des syndicats de la fonction publique turque (Kesk) a lancé à un appel à une "grève d'avertissement" de 48 heures à compter de mardi. Elle souhaite ainsi protester contre la répression policière de ces derniers jours.

Le mouvement de contestation est né de la colère provoquée par un projet de rénovation immobilière place Taksim à Istanbul. Au fil des jours, il a pris une tournure politique. La situation reflète le rejet par une partie des Turcs de ce qu'ils perçoivent comme une dérive autoritaire et l'islamisation rampante des institutions.

/SERVICE


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