"Pablo Escobar" ne sera pas une marque commerciale en Colombie

Les autorités colombiennes ont à nouveau interdit d'enregistrer "Pablo Escobar" comme marque commerciale. Le défunt baron de la drogue reste l'idole des classes populaires, via plusieurs livres et une série télévisée à succès.

Vingt ans après la mort du célèbre trafiquant, abattu en 1993 par un commando d'élite à Medellin où il avait fondé son puissant cartel de trafic de cocaïne, sa famille avait demandé de déposer son nom comme marque commerciale. Cette démarche a été rejetée vendredi.

Le registre colombien du commerce oppose son veto afin de ne pas "porter atteinte à la morale de la société colombienne et à l'ordre public" en valorisant "le plus grand narcotrafiquant de l'histoire". Une marque au nom de Pablo Escobar ferait "l'apologie de la violence, du narcotrafic et du terrorisme", a expliqué l'organisme public dans un communiqué.

Considéré comme commanditaire de la mort de milliers de personnes grâce à un réseau de tueurs à gage, le "capo" de la drogue "est associé à un cycle de violence qui a secoué la nation dans les années 1980 et au début des années 1990", souligne encore le communiqué officiel.

"Valeurs humaines"

La requête déposée par les proches d'Escobar avait déjà été rejetée en 2006 et en 2012. La famille du célèbre trafiquant avait fait appel, à l'initiative notamment de sa veuve Maria Isabel Santos et de ses deux enfants qui ont changé d'identité et se sont installés en Argentine.

L'objectif de la famille était de "transmettre des messages invitant à la réflexion afin de créer une société qui récupère et respecte les valeurs humaines", a encore précisé l'organisme public. Celui-ci n'a pas été sensible à ces arguments.

Bientôt au cinéma

Artisan d'une guerre sanglante en Colombie, afin d'échapper à son extradition vers les Etats-Unis, Pablo Escobar demeure l'objet d'une certaine admiration, avec des activités touristiques liées à son parcours à Medellin, où de nombreux habitants défavorisés le vénèrent pour avoir bénéficié de ses largesses.

Il a aussi été le sujet de nombreux livres et plus récemment d'une série à grand succès à la télévision colombienne. Le long métrage "Paradise Lost" (Paradis perdu) a été tourné ce printemps. L'acteur américain d'origine portoricaine Benicio del Toro y incarne le trafiquant. L'ouvrage devrait sortir sur les écrans dans quelques mois.

/SERVICE


Actualisé le