Pas de désescalade en Ukraine, Kiev promet la "décentralisation"

Le gouvernement ukrainien est prêt à mener une réforme constitutionnelle d'envergure en vue d'une "décentralisation. Au lendemain de l'accord quadripartite de Genève, qui prévoit notamment une cessation des violences, les séparatistes restaient mobilisés.

La Constitution ukrainienne pourrait être amendée pour inclure notamment la reconnaissance du russe comme langue officielle dans certaines régions du pays, ont annoncé Olexander Tourtchinov et Arseni Iatseniouk, respectivement chef de l'Etat par intérim et Premier ministre. Ils se sont exprimés à la télévision nationale.

"Nous voulons que l'entente s'installe en Ukraine. (...) Le gouvernement est prêt à modifier le code budgétaire et fiscal pour fournir des ressources financières à chaque territoire ukrainien", a-t-il poursuivi M. Iatseniouk.

Les deux dirigeants proposent ce renforcement des droits constitutionnels de la minorité russophone afin de désamorcer les velléités séparatistes qui s'expriment dans une dizaine de villes de l'est du pays.

Garanties exigées

Les insurgés pro-russes y maintenaient vendredi leur mobilisation, poursuivant leur occupation de bâtiments officiels dans plusieurs villes. Ils exigent des garanties supplémentaires sur leur sécurité avant d'appliquer l'accord international signé à Genève.

Les autorités pro-européennes de Kiev ont annoncé qu'elles préparaient une loi d'amnistie pour les séparatistes. Elles ont aussi prévenu qu'elles seraient obligées de les déloger s'ils refusaient de restituer les positions qu'ils occupent depuis une dizaine de jours.

Application de l'accord

Dans l'est du pays comme sur la place Maïdan, berceau de la contestation qui a renversé le président Viktor Ianoukovitch en février, personne ne semblait décidé à bouger vendredi, comme si chaque camp hésitait à faire le premier pas.

L'application de l'accord quadripartite s'annonce compliquée en raison de la défiance animant les pro-russes, qui souhaitent un rattachement au grand voisin, et les partisans du gouvernement qui penchent du côté occidental.

/ATS


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