Pédophilie en Grande-Bretagne: forte pression sur le gouvernement

Le gouvernement britannique faisait l'objet de pressions dimanche pour ouvrir une enquête sur des actes de pédophilie qui auraient été commis il y a 40 ans par des membres du gouvernement et des députés, après la mystérieuse disparition de dossiers sur le sujet. Une pétition a été lancée.

Les appels à rendre des comptes se sont multipliés, alors que le premier ministre britannique David Cameron a demandé en fin de semaine à Mark Sedwill, secrétaire permanent du ministère de l'Intérieur, "de faire tout son possible pour découvrir" ce qu'il est advenu de quelque 114 dossiers manquants.

Dimanche, le ministère de l'Intérieur s'est appuyé sur un rapport de 2013 pour faire savoir qu'ils avaient apparemment été "détruits ou perdus". Les dossiers avaient été transmis en 1983 par le député travailliste et militant engagé contre la maltraitance des enfants, Goeffroy Dickens, à Leon Brittan, alors ministre de l'Intérieur.

Gouvernement Thatcher

Leon Brittan, ministre influent du gouvernement de Margaret Thatcher, s'est défendu cette semaine, affirmant avoir remis le dossier aux autorités compétentes. "Il pourrait s'agir d'une opération de camouflage", a commenté à la BBC Norman Tebbit, une autre figure du thatchérisme.

"A cette époque, je pense que la majorité des gens pensaient qu'il était nécessaire de protéger le système établi, et que si des choses avaient pu aller de travers, il était plus important de protéger le système que de fouiller trop avant", a-t-il ajouté.

Pétition lancée

Une pétition lancée dimanche par le député travailliste Tom Watson, demandant au chef du gouvernement d'ouvrir une enquête nationale, avait recueilli plus de 30'000 signatures dans la soirée.

Le scandale des dossiers manquants intervient alors que se multiplient les enquêtes et les procès concernant des actes de pédophilie remontant aux années 1960-1990 dans le pays.

Elles font suite à la découverte d'un scandale retentissant autour de Jimmy Savile, animateur de la BBC mort en 2011, qui est aujourd'hui considéré par Scotland Yard comme "l'un des pires criminels sexuels de l'histoire du pays".

/ATS


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