Plusieurs ministères toujours sous la pression de la rue

Près d'un millier de manifestants hostiles au Premier ministre Yingluck Shinawatra se sont massés mardi devant le ministère thaïlandais de l'Intérieur à Bangkok. L'objectif, selon Watchara Ritthakanee, l'un des chefs de file du mouvement, "est d'encercler les quatre principaux ministères du gouvernement".

Les opposants se sont aussi rendus mardi devant les ministères de l'Agriculture, du Tourisme et des Transports, interdisant à quiconque de pénétrer dans les lieux et instaurant un système de garde. Au ministère de l'Intérieur, ils ont intimé l'ordre au personnel de quitter le bâtiment, sous peine d'en être expulsés.

Des milliers de personnes ont également tenté de s'approcher du siège du gouvernement, la résidence officielle du Premier ministre, mais la police les en a empêchées. Elles se sont alors repliées sur le vieux quartier de la capitale thaïlandaise, une zone touristique dont les opposants ont fait leur quartier général.

Appel du pied à la police et à l'armée

Suthep Thaugsuban, vice-Premier ministre dans le précédent gouvernement dirigé par le Parti démocrate et figure de proue de la contestation, a appelé les policiers et les militaires à se joindre au mouvement. "Nous espérons que cette fois ce sera un mouvement populaire pour prendre en charge de façon temporaire la gouvernance du pays. Si la police ou l'armée nous rejoignent, elles seront les bienvenues, mais elles devront écouter le peuple", a-t-il dit.

Le ministre des Finances, Kittirat Na Ranong, a précisé que Suthep faisait l'objet de poursuites judiciaires et qu'une enquête était en cours pour déterminer les complicités dont avaient bénéficié les manifestants pour pénétrer dans le ministère.

Lundi, les manifestants ont occupé le ministère des Finances avant de s'installer dans l'enceinte de celui des Affaires étrangères et devant le département des Relations publiques, un service dépendant du chef du gouvernement et gérant les communications officielles. Le bâtiment abrite aussi Radio Thaïlande, la "voix" du gouvernement en anglais et en thaï.

Motion de censure

L'opposition est mobilisée depuis la présentation en octobre d'un projet d'amnistie dont aurait pu bénéficier Thaksin Shinawatra, le frère de l'actuelle cheffe du gouvernement et lui-même ex-Premier ministre, actuellement en exil à Dubaï en raison d'une condamnation en 2008 pour corruption.

Au parlement, la cheffe du gouvernement Yingluck Shinawatra est confrontée mardi à une motion de censure qui a peu de chances d'être adoptée, le parti Pheu Thai du Premier ministre étant majoritaire à l'assemblée.

/ATS


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