Porochenko conspué sur la place Maïdan sous les yeux de Joe Biden

Le président ukrainien a été hué vendredi à Kiev alors qu'il déposait une bougie en l'honneur des plus de 1000 victimes de la révolte du Maïdan, mouvement qui a renversé le régime prorusse. Le vice-président américain Joe Biden, qui devait prendre part à la cérémonie, n'est pas sorti de sa voiture.

"Honte! Pourquoi personne n'a été puni?", ont crié plusieurs dizaines de proches des victimes de la répression de février, interpellant le président ukrainien rue Institutska où ont été tués la plupart des manifestants, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est grâce au sang de nos enfants que vous avez occupé ce poste", ont lancé des protestataires au chef de l'Etat ukrainien. "Porochenko, où sont les tueurs de nos enfants?", pouvait-on également lire sur une affiche.

Les proches des victimes reprochent au chef de l'Etat de ne pas avoir traduit en justice les responsables du régime du président déchu Viktor Ianoukovitch, dont la décision de ne pas signer l'accord d'association avec l'Union européenne, il y a exactement un an, avait plongé l'Ukraine dans la crise.

"Inacceptable"

Vendredi toujours, le vice-président américain Joe Biden a mis en garde la Russie contre un isolement accru et "un prix plus élevé" à payer pour son agression en Ukraine au cours de sa visite à Kiev.

"Il est tout simplement inacceptable qu'au 21e siècle des pays tentent de redessiner par la force les frontières en Europe (...) ou interviennent militairement parce qu'ils n'aiment pas la décision prise par leur voisin", a déclaré M. Biden après un entretien avec le président ukrainien Petro Porochenko.

Il faisait allusion à l'annexion de la Crimée et au conflit armé dans l'Est séparatiste après la chute du régime prorusse en Ukraine. Il a également appelé le président russe Vladimir Poutine à appliquer les accords de Minsk du 5 septembre, signés avec la participation de l'OSCE et de la Russie.

Tirs russes présumés

Si la trêve est violée quotidiennement, les violences pourraient avoir franchi une étape supplémentaire, à en croire l'armée ukrainienne. Celle-ci a affirmé que des tirs d'artillerie étaient partis de la région russe de Rostov pour atteindre le village de Komychné du côté ukrainien de la frontière.

"Pour la première fois depuis les accords de Minsk, des tirs en provenance de la Fédération russe contre le territoire ukrainien ont repris", a indiqué le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko. L'accusation n'a néanmoins pas été confirmée de source indépendante.

/ATS


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