Deux marins tués lors d'une opération de remorquage du ferry

Les autorités maritimes poursuivaient mardi leurs recherches, face à l'incertitude sur le nombre de passagers à bord du ferry incendié au large de l'Albanie. Outre les dix victimes parmi les passagers, deux marins albanais ont été tués mardi matin par la rupture d'un câble pendant une opération de remorquage du navire.

Ils sont décédés après avoir été grièvement blessés pendant les opérations de sauvetage, a indiqué le ministère albanais de la Défense.

"Un marin a été tué sur le coup lorsque le câble a rompu", a dit de son côté à Reuters un responsable du port albanais de Vore. "L'autre a succombé à ses blessures pendant qu'il était pris en charge par une équipe médicale arrivée en hélicoptère".

Sur les passagers, seule certitude, 427 personnes, dont dix passagers suisses et les 56 membres d'équipage, ont été sauvées des flammes à l'occasion d'une opération de sauvetage "sans précédent", selon les termes des autorités italiennes.

Côté suisse, deux représentants de l'ambassade à Rome et le consul honoraire de Bari ont été dépêchés pour la prise en charge des dix ressortissants rescapés. "Ce processus est encore en cours", a indiqué mardi à l'ats un porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) qui ne pouvait donner dans l'immédiat davantage d'informations sur l'état de ces Suisses.

Navire immobilisé

Le ferry est toujours actuellement immobilisé par des remorqueurs à une quinzaine de milles (environ 28 km) de la côte albanaise, dans le canal d'Otrante.

Des dizaines de passagers du "Norman Atlantic" attendaient toujours mardi matin leur retour sur la terre ferme. Le navire militaire italien San Giorgio, qui accueille à son bord déjà plus de 180 rescapés, était toujours sur la zone de l'accident, à la recherche d'éventuels disparus.

Attendu à Brindisi (sud-est), il pourrait regagner ce port de l'Adriatique en fin de journée, a indiqué un officier de la marine militaire italienne.

Outre les Suisses, sur les 371 passagers récupérés sur le ferry, 234 sont grecs, 54 turcs, 22 albanais et 22 italiens. Le commandant du ferry, Argilio Giacomazzi, a été le dernier à quitter le navire en détresse, conformément aux traditions maritimes.

Premières critiques

Les autorités maritimes italiennes, grecques et albanaises s'étaient lancées dès dimanche matin dans une course contre la montre pour récupérer ces hommes, femmes et enfants pris au piège, pour certains pendant plus de 34 heures, sur le pont du ferry.

La justice italienne va désormais s'efforcer d'éclaircir les circonstances de ce drame et désigner les responsables, alors que des passagers ont, eux, dénoncé le manque de préparation de l'équipage.

D'autres, comme la cantatrice grecque Dimitra Theodossiou, ont dénoncé la brutalité de certains passagers, résolus à embarquer les premiers, y compris par la force.

L'enquête de la justice italienne vise le commandant, considéré par les médias nationaux comme un héros, et l'armateur pour "naufrage" et "homicides involontaires".

/ATS


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