La France frappe en Irak - Les jihadistes avancent en Syrie

Les chasseurs français ont lancé vendredi leurs premiers raids contre des positions de l'Etat islamique (EI) en Irak. Ils renforcent ainsi les efforts déployés à l'échelle mondiale par les Etats-Unis pour lutter contre la menace grandissante posée par ces jihadistes.

Alors que la coalition d'une quarantaine de pays initiée par le président Barack Obama monte en puissance, son chef de la diplomatie John Kerry présidait dans la journée une réunion ministérielle du Conseil de sécurité de l'ONU. Son objectif: être "plus précis" dans les attributions de chacun dans la guerre contre l'EI.

La France est le premier pays à se joindre à la campagne aérienne américaine contre ce groupe responsable des pires exactions dans les régions conquises ces derniers mois en Irak et en Syrie.

Des avions Rafale ont mené "une première frappe contre un dépôt logistique de Daech (un des acronymes arabes de l'EI) dans le nord-est de l'Irak", a indiqué la présidence française. "L'objectif a été atteint et entièrement détruit", a-t-elle ajouté.

Satisfaction américaine

Le président François Hollande avait précisé jeudi que son pays n'enverrait pas de troupes au sol et n'interviendrait qu'en Irak. La France se démarque sur ce point des Etats-Unis, dont la stratégie prévoit aussi des raids aériens en Syrie contre l'EI.

La décision de la France de mener des frappes en Irak a été saluée par Washington. L'entente entre les deux alliés contraste fortement avec les fortes tensions créées, il y a une décennie, par l'opposition de Paris à la guerre en Irak lancée par George W. Bush.

En Syrie, l'EI a effectué une percée fulgurante dans le nord. Les jihadistes ont pris le contrôle de 60 villages kurdes en 48 heures, dont 40 vendredi, autour d'Aïn al-Arab (Kobané en langue kurde), a affirmé une ONG. Les combattants kurdes battent en retraite car le rapport de force leur est défavorable", a déclaré Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. "Il y a 800 habitants de ces villages dont le sort est inconnu".

Fuite de Kurdes syriens

Face à la progression des jihadistes, quelque 5000 Kurdes syriens ont pris la fuite pour passer en Turquie, qui leur a ouvert ses portes vendredi. Ankara craint un nouvel afflux alors qu'au total, plus de 1,3 million de Syriens chassés par la guerre civile ont déjà trouvé refuge en territoire turc.

Ankara tente de convaincre Washington de créer une "zone tampon" en territoire syrien pour accueillir les civils déplacés. Le président du Kurdistan autonome irakien, Massoud Barzani, a de son côté demandé à la communauté internationale d'"utiliser tous les moyens" pour protéger la ville d'Aïn al-Arab.

/ATS


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