Procès du "Prestige": le verdict est attendu mercredi à La Corogne

La justice espagnole doit rendre son verdict mercredi dans le procès de la plus grave marée noire de l'histoire du pays, survenue en 2002 suite au naufrage du pétrolier "Prestige". Trois accusés, dont le commandant, risquent entre cinq et douze ans de prison.

Après une instruction longue et complexe, le procès s'était ouvert le 16 octobre 2012 devant le tribunal supérieur de justice de Galice, à La Corogne, dans le nord-ouest de l'Espagne. Il s'était achevé le 10 juillet dernier après huit mois d'auditions.

Pendant le procès, durant lequel le tribunal a entendu plus de 200 témoins et experts, le commandant et l'armateur du Prestige ont accusé le gouvernement espagnol d'avoir provoqué le naufrage en ordonnant au navire de prendre le large. Au total, 1500 plaignants s'étaient rassemblés en 55 parties civiles.

Le parquet a requis entre cinq et douze ans de prison pour le commandant, le chef mécanicien et le directeur de la Marine marchande espagnole de l'époque. Le ministère public a aussi demandé 4,328 milliards d'euros (5,3 milliards de francs) de dommages et intérêts.

Un quatrième prévenu, l'officier en second est en fuite. Les accusés, tous âgés de plus de 70 ans, devraient pour cette raison échapper à la prison.

Jour anniversaire

Le verdict coïncide avec l'anniversaire du début de la catastrophe. Le 13 novembre 2002, le Prestige, un pétrolier libérien battant pavillon des Bahamas, chargé de 77'000 tonnes de fuel, subissait une voie d'eau en pleine tempête au large de la Galice.

Le 19 novembre de cette année-là, le navire se brisait en deux et coulait au large de l'Espagne, après avoir dérivé pendant six jours dans l'océan Atlantique. Il avait laissé échapper 50'000 tonnes de brut.

Elan de solidarité

Des milliers de kilomètres de côtes, en Espagne, mais aussi au Portugal et en France, avaient été pollués par un fioul épais et visqueux. La marée noire avait déclenché un vaste élan de solidarité dans toute l'Europe. Quelque 300'000 volontaires avaient accouru pour participer au nettoyage du littoral souillé.

Onze ans plus tard, il ne reste aucune trace de la catastrophe sur les plages et les rochers de Galice.

/ATS


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