L'"ami des musulmans" Radovan Karadzic se défend devant le TPIY

Radovan Karadzic a soutenu devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie que le dossier d'accusation sur le bombardement de Sarajevo "ne dessine qu'un portrait partiel de la réalité". Il fait face à onze charges de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés lors de la guerre de Bosnie.

L'accusé ignorait tout du massacre de Srebrenica en 1995, a aussi déclaré son conseiller juridique. L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie "n'est donc pas coupable de génocide", selon Peter Robinson. "Il n'y a pas la moindre preuve montrant que le Dr Karadzic ait planifié ou ordonné l'exécution de prisonniers, ou même qu'il était au courant", a assuré Peter Robinson. "En fait, ils (ces événements) lui ont été cachés", a-t-il affirmé.

Manque d'"objectivité"

S'exprimant ensuite, Radovan Karadzic a soutenu que le dossier d'accusation sur le bombardement de Sarajevo "ne dessine qu'un portrait partiel de la réalité, et ce au détriment des Serbes". Ce dossier était basé, selon lui, sur "des opinions de témoins" plutôt que sur des faits.

L'enquête a "manqué d'objectivité, ignoré le rôle des musulmans" et créé l'idée selon laquelle "le siège de Sarajevo avait été un assaut unilatéral et sans raison de la part de l'armée serbe".

Un "mythe"

Mercredi, au premier jour de plaidoirie, Radovan Karadzic avait assuré avoir été "un vrai ami des musulmans" et que le procureur poursuivait le peuple serbe. A l'ouverture de son procès en mars 2010, il avait assuré que le massacre de Srebrenica était un "mythe".

Radovan Karadzic, 69 ans, est notamment accusé du massacre de près de 8000 hommes et garçons musulmans par les forces serbes de Bosnie à Srebrenica en juillet 1995. Il s'agit du pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

M. Karadzic doit répondre au total de onze charges de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre présumés commis lors de la guerre de Bosnie. Celle-ci a fait quelque 100'000 morts au total et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995. L'accusé et le bureau du procureur pourront s'exprimer une dernière fois le 7 octobre, après quoi les juges délibéreront.

Longue procédure

L'accusé et le bureau du procureur pourront s'exprimer une dernière fois le 7 octobre, après quoi les juges délibéreront. Un jugement n'est pas attendu avant octobre 2015. L'accusation a requis la prison à vie, alors que M. Karadzic, qui assure sa défense avec l'aide d'un conseiller juridique, plaide non coupable.

/ATS


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