Un Noël assombri par les violences au Moyen-Orient

Les chrétiens célébraient mercredi Noël à travers le monde. Mais à Bethléem, lieu de naissance du Christ selon la tradition, la fête était assombrie par les violences qui déchirent le Moyen-Orient, vivement condamnées par le pape François, qui a téléphoné à des réfugiés irakiens. Les pèlerins étrangers se faisaient rares en Terre sainte.

Au son des cornemuses et des tambours, des fanfares de scouts ont escorté jusqu'à la Basilique de la Nativité la procession menée par le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, la plus haute autorité catholique romaine en Terre sainte. Sur place, les pèlerins étrangers se faisaient toutefois très rares.

Le climat de tensions, ininterrompu depuis des mois, a fait fuir les pèlerins étrangers, selon les professionnels du tourisme à Bethléem, localité située à une dizaine de kilomètres au sud de Jérusalem. Seuls quelques cars circulaient ainsi dans les rues de la ville palestinienne.

Mgr Twal a présidé la grand-messe de Noël en l'église Sainte-Catherine, contiguë à la Basilique de la Nativité. Il a demandé dans son homélie la reconstruction de Gaza et la paix pour Jérusalem, sainte pour l'islam, le christianisme et le judaïsme: "Jérusalem a une vocation universelle à la paix et au bonheur. Appelez la paix pour Jérusalem!", a-t-il lancé.

"Meilleur antidote"

A Rome, le pape François a célébré à partir de 21h30 sa deuxième messe de Noël au Vatican, dans le cadre chargé et monumental de la basilique Saint-Pierre, devant quelque 5000 fidèles. Il a exhorté les chrétiens à montrer "tendresse" et "douceur" dans les situations "les plus dures", y compris les conflits.

Dans son homélie, le pape argentin a invité les 1,2 milliard de catholiques à ne pas céder à la colère dans leur vie, et à montrer de l'empathie pour les personnes en difficulté: "Seigneur, donne-moi la grâce de la tendresse dans les circonstances les plus dures de la vie, donne-moi la grâce de la proximité face à toute nécessité, de la douceur dans n'importe quel conflit".

Le chef de l'Église catholique a téléphoné mercredi à des réfugiés irakiens au Kurdistan. "Chers frères, je suis proche de vous, très proche de tout mon coeur. Dieu vous donne les caresses de sa tendresse", leur a-t-il dit.

Persévérance et dialogue

Dans une longue lettre adressée aux chrétiens d'Orient, François les a exhortés à la "persévérance" et au dialogue interreligieux en dépit des difficultés, soulignant qu'il n'y avait pas d'alternative. Le dialogue, a assuré le pape argentin, est "le meilleur antidote à la tentation du fondamentalisme religieux".

Dans une allusion au groupe Etat islamique (EI), il a exprimé son inquiétude devant une "organisation terroriste qui commet toutes sortes d'abus". Mgr Twal a aussi dénoncé ces exactions: "au-delà de la tragédie inhumaine qui déchire le Moyen-Orient, nous sommes tous surpris de voir de jeunes gens en Europe embrasser des idéologies radicales et aller combattre en Syrie et en Irak".

/ATS


Actualisé le

 

Actualités suivantes