Ukraine: négociations sur le gaz à Kiev avec les Russes

Un avion de transport militaire ukrainien a été abattu samedi par des séparatistes prorusses, faisant 49 tués. Cette attaque met à mal l'espoir d'une détente, même si des négociations sur le gaz avaient lieu en soirée à Kiev.

Le bureau du procureur général ukrainien a annoncé que l'avion transportait 40 parachutistes et neuf membres d'équipage, et qu'il avait été frappé par un missile antiaérien. Il s'agit des pertes les plus lourdes subies par l'armée ukrainienne depuis le début du conflit.

Selon le ministère de la Défense, l'avion cargo abattu transportait des renforts et du matériel pour les troupes qui participent à l'offensive lancée par les autorités de Kiev contre les rebelles qui contrôlent plusieurs villes de l'est du pays.

Selon le porte-parole des séparatistes de la "république de Lougansk" autoproclamée, Vladimir Inogorodski, l'avion a été touché par un missile antiaérien tiré par des insurgés et il est tombé dans "la zone de l'aéroport".

"Châtiment"

"Tous ceux qui sont impliqués dans des actes de terrorisme de cette ampleur méritent un châtiment. L'Ukraine a besoin de la paix. Cependant, les terroristes recevront la réponse adéquate", a réagi le président ukrainien Petro Porochenko dans un communiqué diffusé par ses services de presse.

Le président français et la chancelière allemande Angela Merkel ont aussi exprimé leur "grave préoccupation" face à la "poursuite des combats en Ukraine", lors d'un entretien téléphonique samedi après-midi avec le président russe Vladimir Poutine, a souligné la présidence française dans un communiqué.

Discussions à Kiev

Selon un photographe de l'AFP à Lougansk, ville de 500'000 habitants proche de la frontière avec la Russie, de fortes explosions ont été entendues tôt dans le centre. Des avions et hélicoptères de l'armée ukrainienne ont effectué dans la nuit des frappes contre les barrages séparatistes.

Sur le front énergétique où plane la menace d'une coupure de gaz russe dès lundi, redoutée par les Européens, le ministre ukrainien de l'Energie Iouri Prodan, le PDG du groupe semi-public russe Gazprom Alexeï Miller et le commissaire européen à l'Energie ont débuté samedi à Kiev des pourparlers.

Gazprom a repoussé à lundi son ultimatum à l'Ukraine sur le remboursement de sa dette gazière de 1,95 milliard de dollars. Faute de remboursement, Moscou a prévenu qu'elle passerait à un système de prépaiement qui pourrait signifier la coupure de l'approvisionnement.

/ATS


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