Un médecin témoin d'attaques chimiques dans le nord de la Syrie

Un médecin syrien a affirmé vendredi à Genève avoir soigné quatre victimes d'une attaque au gaz sarin dans le nord de la Syrie. Cette dernière aurait été perpétrée par les forces gouvernementales à Saraqeb.

Le 29 avril, a indiqué à la presse le Dr Moussa Alkurdy, les quatre victimes ont été amenées dans son hôpital clandestin, géré par l'Union des Organisations syriennes de secours médicaux (UOSSM) dans le nord de la Syrie. Il s'agissait d'une femme de 50 ans, de ses deux enfants, l'un de 14 ans et l'autre de 35 ans, et d'une femme enceinte de 18 ans.

Les victimes, montrant tous les signes cliniques d'asphyxie, ont reçu des injections d'atropine, ont été lavées et transportées immédiatement en Turquie, a indiqué le médecin syrien, oncologue de formation, enseignant à l'Université de Cambridge (GB). La femme de 50 ans est décédée peu après avoir été admise dans un hôpital turc.

Les trois autres victimes ont été soignées et sont retournées dans le nord de la Syrie. "Des tests en laboratoire ont été effectués sur trois des quatre victimes et tous ont montré qu'elles avaient subi une attaque au gaz sarin", a déclaré le Dr Moussa Alkurdy.

Selon le Dr Tawfik Chamaa (porte-parole de l'UOSSM), "ces cas cliniques apportent la preuve que les forces gouvernementales syriennes utilisent des armes chimiques".

Au moins 34 attaques

Selon un bilan établi par Human Rights Watch (HRW), 34 attaques au gaz sarin ont pu être documentées depuis le 9 juin 2012 et jusqu'au 27 mai 2013 sur la base de témoignages. Mais c'est la première fois que des victimes ont pu être sorties de Syrie et des prélèvements effectués.

Selon le Dr Moussa Alkurdy, c'est un hélicoptère de l'armée syrienne qui a lâché un obus contenant le gaz dans le jardin de la maison des victimes à Saraqeb.

"L'utilisation d'armes chimiques par le régime a fortement augmenté ces deux dernières semaines", a déclaré le Dr Alkurdy. Douze attaques ont pu être documentées au mois de mai, presque toutes dans les faubourgs de Damas, d'où il est très difficile de sortir les victimes.

/SERVICE


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