Une personnalité serbe accusée d'abus de pouvoir face à la justice

Le milliardaire Miroslav Miskovic et dix de ses associés sont jugés depuis jeudi à Belgrade pour abus de pouvoir et évasion fiscale. Il s'agit du premier procès d'une personnalité de haut rang depuis que le gouvernement serbe a lancé une campagne de lutte contre la corruption.

Considéré comme l'homme le plus riche de Serbie M. Miskovic et ses associés sont inculpés d'avoir détourné plus de 153,1 millions d'euros (près de 190 millions de francs) pendant la privatisation de plusieurs entreprises. Ils sont aussi accusés d'une évasion fiscale se chiffrant à 4,2 millions d'euros (plus de 5 millions de francs). Tous ont plaidé non coupable.

"Je ne suis pas coupable. Je ne me sens pas coupable", a affirmé jeudi M. Miskovic devant les juges. Il a ajouté "ne pas comprendre pourquoi" il a été inculpé.

"Ces accusations n'ont aucune base", a dit aux journalistes son avocat, Zdenko Tomanovic. Le milliardaire, qui risque une peine allant jusqu'à dix ans de prison s'il est déclaré coupable, poursuivra son plaidoyer vendredi.

Liberté sous caution

En juillet dernier, Miroslav Miskovic, 68 ans, avait été remis en liberté sous caution de 12 millions d'euros, la plus importante jamais payée en Serbie, dans l'attente de son procès. Il avait été arrêté en décembre avec son fils Marko, lui aussi inculpé.

M. Miskovic avait été arrêté dans le cadre d'une campagne des autorités serbes de lutte contre la corruption, une des conditions principales imposées à la Serbie par Bruxelles pour son intégration à terme dans l'Union européenne.

Le gouvernement nationaliste populiste installé après les élections générales il y a un an s'est engagé lors de son arrivée au pouvoir à mener une "lutte impitoyable" contre la corruption et le crime organisé.

Immobilier et assurances

Président du groupe Delta Holding, qui emploie 7200 personnes, M. Miskovic disposerait, selon la presse, d'une fortune de plusieurs milliards d'euros.

Il a fait sa fortune alors qu'il était un proche allié du régime de Slobodan Milosevic, l'ex-homme fort de Serbie dans les années 1990. Ses affaires couvrent entre autres la production de produits alimentaires, l'immobilier, le commerce de détail et les assurances.

/ATS


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