Vaste coup de filet contre le parti néonazi Aube dorée

Les autorités grecques ont frappé samedi un grand coup contre le parti néonazi Aube dorée, dix jours après le meurtre d'un musicien antifasciste par un membre de cette formation. La police a arrêté le chef historique du parti ainsi que plusieurs députés.

Le leader d'Aube dorée, Nikolaos Mihaloliakos, son porte-parole, Ilias Kasidiaris, deux autres députés et dix membres du mouvement sont accusés d'avoir fondé une organisation criminelle, a précisé la police.

Ils vont être présentés à la justice au cours du week-end pour se voir notifier les charges retenues contre eux, a-t-elle ajouté. Des poursuites pour violences physiques et complicité de meurtre feraient aussi partie des charges, selon une source judiciaire.

Douze membres du parti ont également été interpellés au cours de ce coup de filet mené dans plusieurs régions du pays. L'opération devrait conduire à d'autres arrestations puisqu'une trentaine de mandats d'arrêt ont été émis par la Cour suprême contre des militants ou députés d'Aube dorée, selon des sources judiciaires et policières.

Ce vaste coup de filet survient alors que la Grèce, en crise, poursuit ses négociations avec ses créditeurs et s'apprête à prendre dès janvier la présidence tournante de l'Union européenne.

"Décision illégale"

"La démocratie a les moyens de se défendre", a prévenu le porte-parole du gouvernement grec, Simos Kedikoglou, à la télévision Skaï, quelques minutes après les arrestations.

Un appel à protester contre une "décision illégale" s'affichait samedi sur la page d'accueil du site internet du parti néonazi, également relayé sur Twitter. Quelques centaines de sympathisants d'Aube dorée étaient rassemblés devant les locaux de la police grecque où se trouvaient des suspects.

"Honte à eux, le peuple portera Aube dorée plus haut", a lancé à la presse un des députés, Ilias Panagiotaros, juste avant son arrestation.

Suspensions dans la police

Le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, 34 ans, a brutalement sorti les autorités grecques de leur atonie face aux agissements d'un parti soupçonné de nombreuses violences contre les étrangers et les militants de gauche. Le musicien avait été poignardé le 17 septembre à la sortie d'un café d'une banlieue d'Athènes par un militant d'Aube dorée, qui a reconnu les faits.

La première réplique du gouvernement est survenue lundi avec la démission et la suspension de plusieurs cadres de la police grecque dans le cadre d'une enquête, toujours en cours, sur les liens entre les forces de police et les membres du parti néonazi.

Plus de 10'000 Grecs ont manifesté mercredi à Athènes pour dénoncer l'assassinat du rappeur. Des affrontements ont éclaté entre protestataires et forces de l'ordre qui leur interdisaient l'accès au siège d'Aube dorée.

/SERVICE


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