Présidentielle en Tunisie: Essebsi et Marzouki à couteaux tirés

L'ex-Premier ministre et chef du principal parti tunisien Béji Caïd Essebsi serait arrivé dimanche en tête du second tour de la présidentielle, a annoncé son directeur de campagne, Mohsen Marzouk. Ce dernier a évoqué "une victoire" de son poulain. Mais le camp du président sortant Moncef Marzouki conteste cette annonce.

"Les indicateurs que nous avons (...) indiquent une victoire de Béji Caïd Essebsi", a déclaré M. Marzouk à la presse et devant des partisans réunis devant le siège de campagne du favori du scrutin.

M. Caïd Essebsi, 88 ans, a remercié, à la télévision nationale, les Tunisiens ayant pris part à ce scrutin. "L'avenir proche et lointain nous oblige à travailler ensemble pour la Tunisie", a-t-il lancé à l'adresse de son rival. Des centaines de ses partisans fêtaient sa "victoire" proclamée devant le siège de son QG de campagne.

Le camp du président tunisien sortant Moncef Marzouki a jugé "sans fondement" la revendication par Béji Caïd Essebsi. Le directeur de campagne de M. Marzouki, Adnène Mancer, a évoqué un écart "très serré", de "quelques milliers de voix" seulement.

M. Mancer a également fait état de "centaines de violations" commises par le camp adverse.

Résultat définitif lundi

Le vote s'est achevé dimanche à 18h00. Les résultats définitifs pourraient être connus dès lundi soir selon l'instance électorale (ISIE), qui a cependant jusqu'au 24 décembre pour annoncer l'identité du président pour les cinq prochaines années.

Dans la journée, la presse tunisienne a salué un jour "historique" qui devait achever de doter le pays d'institutions pérennes après les législatives. Le vainqueur deviendra le premier chef d'Etat tunisien élu librement depuis l'indépendance en 1956. Habib Bourguiba, le premier président, et Zine El Abidine Ben Ali, renversé en 2011, avaient constamment eu recours à la fraude ou au plébiscite.

Forte présence policière

Des dizaines de milliers de militaires et policiers ont été déployés pour assurer le bon déroulement du scrutin alors que la Tunisie est confrontée depuis la révolution de 2011 à de multiples attaques, notamment le long de la frontière avec l'Algérie, attribuées à la mouvance djihadiste.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une unité a été attaquée par un "groupe armé" devant une école de la région de Kairouan (160 km au sud de Tunis) où du matériel destiné aux élections était stocké, mais les autorités se sont refusées à évoquer la piste djihadiste. Un assaillant a été tué et trois autres arrêtés, selon le ministère tunisien de la Défense.

/ATS


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