Kiev: nouvel assaut de la police au petit matin

Les réactions se sont multipliées mercredi après la nuit de violences à Kiev. Plusieurs pays européens se prononcent en faveur de sanctions de l'UE contre le gouvernement du président Viktor Ianoukovitch. En soirée, il annonçait avoir conclu une "trêve" avec l'opposition.

L'assaut des forces spéciales mardi en soirée contre les manifestants de l'opposition sur le Maïdan, la place de l'Indépendance à Kiev, s'est soldé par le décès d'au moins 26 personnes, selon un bilan donné par le gouvernement. Près de 250 personnes ont été hospitalisées.

La présidence suisse de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a proposé l'aide de l'organisation pour établir les faits sur les violences et les violations des droits de l'homme.

Appel évoqué par Barroso

Elles propose la nomination d'un "facilitateur international" qui pourrait travailler en coopération avec une personnalité ukrainienne respectée. Ils conduiraient une équipe internationale d'experts.

La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a demandé une "enquête urgente et indépendante pour établir les faits et les responsabilités". Elle a fermement condamné à Genève les violences en Ukraine.

De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a exhorté les 28 à agir "d'une manière urgente".

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE organiseront une réunion d'urgence jeudi après-midi. Parmi les sanctions possibles figurent le gel des avoirs de personnalités et des interdictions de déplacement.

Sanctions évoquées par Kerry

Plusieurs pays européens ont apporté leur soutien à l'idée de sanctions contre les auteurs des violences.

La question des sanctions fait également l'objet de discussions entre les Etats-Unis et l'Union européenne, a fait savoir le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Le président américain Barack Obama a souligné que le pouvoir devait garantir aux "manifestants pacifiques" le droit de s'exprimer "sans peur de la répression".

Evoquer la possibilité de sanctions contre l'Ukraine est "au moins déplacé et en tout cas inopportun", a jugé de son côté l'ambassadeur de Russie auprès de l'UE, Vladimir Chijov.

Dans le centre de la capitale ukrainienne, un calme tendu régnait mercredi. Des centaines d'habitants affluaient sur le Maïdan, les bras chargés de provisions, de vêtements et de médicaments.

Opération antiterroriste

Durant la journée, le service de sécurité nationale, le SBU, a annoncé une vaste opération antiterroriste, dans toute l'Ukraine.

Plus de 1500 armes à feu et 100'000 munitions sont passées "entre les mains des criminels" depuis mardi, a souligné le SBU.

L'armée peut désormais faire usage de ses armes et limiter la circulation, dans le cadre des mesures d'exception prises par les autorités, a indiqué le ministère de la Défense.

Le président Ianoukovitch a lui nommé un nouveau chef d'état-major des armées. Iouri Iliine remplace Volodymyr Zamana, selon la présidence.

En soirée, il a souligné avoir conclu une "trêve" avec les chefs de file de l'opposition. L'accord négocié prévoit en premier lieu une trêve avant "le lancement de négociations avec l'objectif de mettre fin aux effusions de sang et stabiliser la situation dans l'intérêt de la paix sociale".

/ATS


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