Rapport d'Amnesty: la Suisse épinglée sur la loi sur l'asile

La Suisse a réalisé quelques avancées en matière de droits humains en 2012, selon le rapport annuel d'Amnesty International. Mais elle fait toujours figure de mauvais élève dans l'accueil des réfugiés. Les dernières modifications de la loi sur l'asile, jugées restrictives, sont particulièrement dans le viseur.Une partie de ces mesures est déjà entrée en vigueur mais doit encore passer devant le peuple le 9 juin. "Cette votation est un symbole", commente Manon Schick, directrice générale de la section suisse d'Amnesty International. Symbole d'une fermeture qui se généralise, en Suisse comme ailleurs en Europe, selon elle."On accorde une priorité plus grande à la protection des frontières qu'à celle des êtres humains", déplore-t-elle.Parmi les mesures urgentes soumises au référendum, la suppression du droit de demande d'asile dans les ambassades helvétiques et l'exclusion de l'objection de conscience comme motif de demande d'asile sont particulièrement graves aux yeux de la responsable suisse d'Amnesty."Pour la première fois, la loi porte atteinte au noyau de la protection des personnes qui correspondent au statut de réfugié", met-elle en garde. Il ne s'agit plus de prévention des abus, selon elle, mais purement et simplement de réduire la protection à des personnes qui en ont besoin.Porte ouverte à l'arbitraireEn cas de "oui" à la révision de la loi le 9 juin, Amnesty craint que ce soit "la porte ouverte à un démantèlement toujours plus grand" du droit d'asile" et à toutes sortes de pratiques arbitraires (quotas par pays d'origine, par exemple).Le rapport d'Amnesty dénonce en tout une dizaine de "mesures restrictives" dans le droit d'asile, dont l'exclusion des enfants majeurs du bénéfice de l'asile familial ou l'imposition d'un délai de 10 ans et d'une intégration réussie pour l'obtention d'un permis d'établissement.S'il continue de souligner la discrimination des migrants ou de minorités religieuses ou ethniques en Suisse, le rapport d'Amnesty constate par ailleurs des avancées importantes dans le domaine de la protection de femmes: loi contre les mariages forcés et programme de prévention des unions forcées et des violences domestiques, ainsi qu'un plan national de lutte contre la traite des êtres humains. /SERVICE


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