« Cette descente difficile, technique, longue, elle plaît aux Suisses »

Adolf Ogi est à Wengen. L’ancien directeur de la Fédération suisse de ski suit chaque année ...
« Cette descente difficile, technique, longue, elle plaît aux Suisses »

Adolf Ogi (photo : LDD) Adolf Ogi (photo : LDD)

Adolf Ogi est à Wengen. L’ancien directeur de la Fédération suisse de ski suit chaque année les épreuves de Coupe du monde du Lauberhorn. Nous avons rencontré l’ancien conseiller fédéral. Il salue les 1'800 bénévoles impliqués dans la course. Entretien réalisé à Wengen par Adrien Juvet.

Adolf Ogi, ce jeudi, vous étiez sur les lattes. Comment vous portez-vous ?

Je vais bien, merci. J’ai un certain âge, j’ai bientôt 75 ans et je me porte bien… Mais étant donné que j’ai été 13 ans au gouvernement, ça use ! Moralement je vais aussi bien et aujourd’hui j’ai quand même pu descendre la piste du Lauberhorn. Beaucoup de plaisir, même si la visibilité n’était pas très bonne, c’était jour blanc. Mais comme la piste se présente… Ogi dirait, c’est formidable !

Vous venez suivre les épreuves de Wengen chaque année ?

Je suis entré à la Fédération suisse de ski le 1er octobre 1964, après les jeux d’Innsbruck, où la Suisse a fait zéro médaille ! Le 1er octobre, on m’a engagé avec la mission de préparer une équipe pour les Jeux de Sapporo, en 1972. Alors depuis 1965, je suis venu chaque année au Lauberhorn.

Il y a des souvenirs particuliers ici à Wengen ?

Quand j’étais directeur de la Fédération suisse de ski, les Suisses ont pas mal gagné. Avec Roland Collombin notamment. Bon, Russi n’a jamais gagné ici, mais il a gagné à Grindelwald. Mais ici à Wengen, les Suisses sont presque toujours sur le podium. Grâce à cela, j’ai pu rester directeur à la Fédé. Vous savez, on dépendait des résultats des Suisses. Ici, les Suisses ont souvent gagné. A Adelboden, ça devient vraiment plus difficile pour nous. Le dernier c’était Marc Berthod, il y a des années ! C’était en 2008.

Wengen porte bonheur aux Suisses ?

Je le pense. Cette descente difficile, technique, longue, elle plaît aux Suisses. Ils ont aussi la pression des spectateurs, des médias, qui suivent cet événement à la lettre. Tout le monde est à Wengen. Pour ce week-end aussi, j’y crois ! Je ne vous dirai pas de noms, ils ont assez la pression, mais nous avons de jeunes loups !

Les courses de Wengen, c’est aussi toute une région qui se mobilise…

Oui c’est très important. Wengen a cette course, mais si vous analysez l’histoire, ils ont dû lutter. Dans les années 1960, les Valaisans et les Grisons voulaient une rotation entre les stations. La Fédération suisse de ski a dû se battre avec Wengen et Adelboden pour que les deux courses restent ! (…) On a ainsi créé le calme et on a trouvé un compromis accepté par tout le monde.

Vous avez le sentiment que les épreuves de Coupe du monde de Wengen sont garanties à l’avenir ?

Personne ne veut arracher les courses à Wengen. Il y a deux compétitions qui priment dans le calendrier de la Coupe du monde : Wengen et Kitzbühel. Et aujourd’hui, la question de la piste, du règlement… peu importe. C’est clair et net. Les courses du Lauberhorn sont hors du commun. Hier soir, j’ai mangé avec Jean-Claude Killy (ndlr : le français a remporté la première descente de Coupe du monde qui se disputait à Wengen il y a 50 ans jour pour jour) et il m’a dit : le Lauberhorn, c’est extraordinaire. Même comme champion olympique, on se sent tout petit dans le portillon de départ.

Et vous, quand vous faites la piste du Lauberhorn, vous vous sentez comment ?

J’ai presque 75 ans. Je me sens à l’aise. Pas en faisant de la vitesse. Pas de schuss : je maîtrise la piste !

Wengen draine une foule incroyable. Et sur place, il y a 1'800 bénévoles. Comment expliquer cet attrait pour les courses mythiques de Wengen ?

C’est une course mythique, vous avez raison. Il y a quelque chose hors du commun ici : la nature, la région, les montagnes – surtout l’ Eiger, le Mönsch et la Jungfrau. Vous ne trouvez cela à aucun autre endroit. Ce que vous dites, c’est juste. Ici, le village de Wengen, c’est à peine 1'000 habitants. Et ils trouvent sans problème le personnel nécessaire pour organiser une course parfaite à Wengen. Et là, naturellement, il faut un président. D’ailleurs, pendant 80 ans, il n’y a eu que deux présidents qui se sont succédé : le père Gertsch, puis son fils, qui vient de nous quitter il y a deux mois. On est vraiment très triste. On sent qu’il n’est plus là.

Alors à tous ces bénévoles, vous leur dites quoi ?

Merci. Je veux leur dire merci. Merci de venir à Wengen, de leur engagement, de leur dévouement, de mettre à disposition une ou deux semaines de temps, pour aider au comité d’organisation. Ogi dirait… c’est formidable ! /aju


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