2016, année terrible pour les droits de l'homme, estime Amnesty

Le rapport 2016/17 d'Amnesty International (AI), publié mercredi à Londres, condamne les discours ...
2016, année terrible pour les droits de l'homme, estime Amnesty

2016, année terrible pour les droits de l'homme, estime Amnesty

Photo: Keystone

Le rapport 2016/17 d'Amnesty International (AI), publié mercredi à Londres, condamne les discours de haine proférés par les responsables politiques actuels, Trump, Erdogan et Duterte en tête. Cette période rappelle à bien des égards les années 1930, s'inquiète l'ONG.

Le document alerte sur les conséquences des discours 'de rejet des autres' qui dominent en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs, alors que le populisme grignote du terrain.

'Trop de responsables politiques tentent de séduire l'électorat en répondant aux craintes légitimes en matière économique et de sécurité par une manipulation pernicieuse des politiques identitaires, de nature à semer la division', affirme dans ce rapport Salil Shetty, secrétaire général d'AI.

Trump épinglé

Plusieurs dirigeants sont nommément cités: le président américain Donald Trump, le premier ministre hongrois Viktor Orban, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le président philippin Rodrigo Duterte. 'Les discours clivants des marchands de peur sont devenus une force dangereuse dans les affaires de la planète', résume le rapport.

Le 45e président des Etats-Unis a droit à un traitement de faveur. Ses propos distillés durant la campagne pour l'élection présidentielle sont qualifiés de 'pernicieux' en raison de 'la peur, de l'accusation et la division' qu'ils ont véhiculées.

Son décret anti-immigration signé peu après son entrée en fonctions n'est pas non plus du goût de l'ONG. Le rapport le cible aussi pour sa politique de l''homme fort' qui se traduit par une montée des discours antiféministes ou défavorables à la communauté LGBTI (homosexuel(le)s/bisexuel(le)s/transgenres et intersexués).

Réfugiés, premières victimes

Les 'discours contre le système (...) défendent des programmes nocifs', poursuit le rapport. De plus, les diatribes 's'acharnent sur des groupes entiers de population, les désignent comme boucs émissaires et les déshumanisent', s'indigne Amnesty International.

'Les limites de l'inacceptable ont bougé' l'année passée. Selon AI, la misogynie, le racisme et l'homophobie sont devenus monnaie courante. 'On se rapproche du gouffre', prévient l'organisation.

Parmi les premières victimes du climat actuel, AI cite les réfugiés et les migrants. Selon son décompte, 36 pays ont violé l'an passé le droit international en renvoyant illégalement des réfugiés dans des pays où leurs droits étaient menacés.

/ATS