Au moins huit morts dans trois fusillades autour d'Atlanta

Huit personnes, parmi lesquelles six femmes d'origine asiatique ont été tuées par balle mardi ...
Au moins huit morts dans trois fusillades autour d'Atlanta

Le tireur d'Atlanta inculpé pour meurtres, nie tout motif raciste

Photo: KEYSTONE/EPA/ERIK S. LESSER

L'auteur des fusillades dans des salons de massage asiatiques d'Atlanta a été inculpé mercredi de meurtres. Ces attaques ont fait huit morts et semé la peur dans la communauté asiatique des Etats-Unis

Robert Aaron Long a 'affirmé avoir agi sans mobile raciste', a déclaré un responsable policier local. Il a précisé que le jeune homme avait 'reconnu sa responsabilité' dans ces fusillades.

L'agresseur a perpétré ces trois attaques mardi, dans un contexte d'inquiétudes croissantes au sein de la population américaine d'origine asiatique, qui dénonce une hausse des agressions racistes à son encontre. Parmi les victimes figurent six femmes d'origine asiatique.

'Très, très préoccupant'

'Je sais que les Américains d'origine asiatique sont très inquiets', a réagi mercredi le président Joe Biden. 'Je pense que c'est très, très préoccupant', a-t-il confié depuis la Maison Blanche.

Robert Aaron Long a été appréhendé mardi soir à l'issue d'une course poursuite, à plus de 240 km au sud d'Atlanta, la capitale de l'Etat de Géorgie. Il devait être inculpé de meurtres, selon les autorités et la presse locales.

Il est suspecté d'avoir d'abord pris pour cible un salon de massage asiatique à environ 50 km d'Atlanta, où les secours ont compté quatre morts et deux blessés. Plus tard dans l'après-midi, il a ouvert le feu dans deux autres salons de massage voisins à Atlanta, y faisant quatre autres victimes.

'Addiction sexuelle'

Le tireur pourrait souffrir d'une 'addiction sexuelle', selon un responsable des forces de l'ordre. 'Il a insinué qu'il avait des problèmes, d'addiction sexuelle potentielle, et pourrait avoir fréquenté plusieurs de ces lieux dans le passé', a-t-il détaillé.

La police fédérale compte assister les enquêteurs locaux pour vérifier ses dires, en épluchant les réseaux sociaux et en interrogeant ses proches. Mercredi, la police a annoncé avoir inculpé le jeune homme pour meurtres, homicides et agressions.

'Nous sommes atterrés par cette violence qui n'a pas sa place en Amérique ou ailleurs', a de son côté commenté le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, en visite en Corée du Sud.

L'ancien président Barack Obama a également réagi. 'L'identité des victimes illustre une hausse inquiétante de la violence contre les Asiatiques qui doit cesser', a tweeté le démocrate.

Quatre des personnes abattues sont d'origine sud-coréenne a confirmé le ministère des Affaires étrangères de Corée du Sud, selon l'agence de presse Yonhap.

Boucs émissaires

'Pendant l'année dernière, nous avons constaté du racisme, des discriminations et une résurgence des violences contre les Américains d'origine asiatique, considérés comme des boucs émissaires à cause de la pandémie', a déploré Sam Park, représentant local de la communauté.

'Maintenant j'ai un peu peur', a déclaré Alice Hung, étudiante californienne de 22 ans originaire de Taïwan, et venue à Atlanta pour les vacances.

Introverti passionné par les armes

Mercredi, de premières informations commençaient à émerger sur Robert Aaron Long, le décrivant comme un homme introverti, passionné par les armes et chrétien très religieux. Selon les enquêteurs, il souhaitait poursuivre son équipée meurtrière jusqu'en Floride, en luttant contre des pulsions qu'il assimilait à de la 'tentation'.

Selon les militants antiracistes, le ressentiment a été alimenté par le discours de l'ancien président Donald Trump, qui qualifiait souvent le coronavirus de 'virus chinois'.

Hausse des attaques

Ces fusillades sont intervenues quelques heures après la parution d'un rapport d'une organisation, Stop AAPI Hate, dans lequel près de 70% des personnes d'origine asiatique interrogées déclarent avoir été victimes de harcèlement verbal et un peu plus d'une sur 10 avoir été agressée physiquement, entre mars 2020 et février 2021.

Bien qu'il soit parfois difficile d'établir le mobile xénophobe d'une attaque, le nombre de ces crimes a presque triplé, passant de 49 à 122 l'année dernière dans les 16 plus grandes villes américaines, d'après une étude du Center for the Study of Hate and Extremism.

Mardi soir, la police de New York a annoncé 'par mesure de prudence' l'envoi de patrouilles en renfort dans les zones concentrant des habitants d'origine asiatique.

/ATS
 

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