De Madagascar à l'Amazonie, le réchauffement pourrait menacer jusqu'à 50% des espèces

Le changement climatique pourrait menacer jusqu'à la moitié des espèces végétales et animales ...
De Madagascar à l'Amazonie, le réchauffement pourrait menacer jusqu'à 50% des espèces

De Madagascar à l'Amazonie, le réchauffement pourrait menacer jusqu'à 50% des espèces

Photo: KEYSTONE/AP/DITA ALANGKARA

Le changement climatique pourrait menacer jusqu'à la moitié des espèces végétales et animales de 35 zones naturelles parmi les plus riches en biodiversité d'ici 2080, conclut un rapport coproduit par le WWF. L'étude est aussi parue dans la revue Climatic Change.

Selon ce rapport paru mercredi et réalisé en collaboration avec les universités d'East Anglia (Angleterre) et James Cook (Australie), si les températures mondiales augmentent de 4,5 °C, par rapport à la Révolution industrielle, 48% des espèces seraient susceptibles de disparaître dans 35 écorégions définies comme prioritaires par le WWF.

A titre d'exemple, jusqu'à 90% des amphibiens, 86% des oiseaux et 80% des mammifères des forêts de Miombo pourraient s'éteindre localement tandis que 69% des végétaux seraient menacés en Amazonie. Cette hausse des températures correspond à celle qui se dessine si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Même si le seuil des +2°C fixé dans l'Accord de Paris adopté en 2015 n'est pas dépassé, 25 % des espèces peuplant les zones analysées courent le risque d’une extinction au niveau local, note cette analyse. En Méditerranée, jusqu'à 30% des espèces animales et végétales seraient touchées.

'La biodiversité mondiale va souffrir terriblement au cours de ce siècle, à moins que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir' contre cela, prévient le Fonds mondial pour la nature (WWF).

Capacité de dispersion

Comme les gaz déjà émis vont continuer à réchauffer la planète, il faudra aussi prévoir des mesures de protection locales, souligne l'analyse: corridors biologiques pour favoriser le déplacement des espèces, identification de zones de 'refuge' en dernier ressort, restauration d'habitats...

Car ces scénarios évoluent aussi selon la capacité de dispersion des espèces exposées. En effet, la survie de ces dernières est directement liée à leur capacité à se déplacer vers un climat qui leur est plus favorable. Mais il dépend évidemment aussi de la découverte ou non d'un nouvel habitat répondant à leurs besoins. Et le rapport de lister les nombreux obstacles humains ou géographiques qui peuvent se dresser sur leur chemin.

Dans cette optique, les plantes devraient être particulièrement affectées par ce changement climatique car plus lentes à s'adapter. Ce qui en retour pourra nuire aux animaux en dépendant. 'Il faudra faire des efforts bien plus importants pour garder la hausse des températures à leur minimum absolu', insiste le WWF.

Extinction ne signifie pas juste disparition d'espèces, rappelle le WWF, 'mais de profonds changements pour des écosystèmes rendant des services vitaux à des centaines de millions de personnes,' qu'il s'agisse d'alimentation, de soutien au tourisme ou encore de recherche sur de futurs médicaments.

Trente-cinq écorégions

Les chercheurs se sont focalisés sur 35 écorégions définies comme prioritaires par le WWF comprenant également Bornéo, la mer Noire, les grandes plaines du nord, les Galapagos, la Grande Barrière de corail ou encore le détroit du Mékong.

Cette publication intervient alors que s'ouvre samedi à Medellin (Colombie) une importante conférence sur l'état de la biodiversité dans le monde.

/ATS
 

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