Le Parlement grec valide l'accord sur le nouveau nom de Macédoine

Les députés grecs ont voté vendredi en faveur de l'accord historique sur le nouveau nom de ...
Le Parlement grec valide l'accord sur le nouveau nom de Macédoine

Le Parlement grec valide l'accord sur le nouveau nom de Macédoine

Photo: KEYSTONE/AP/MICHAEL VARAKLAS

Le Parlement grec a validé vendredi le nouveau nom de la Macédoine. Ce vote crucial ouvre la voie à l'adhésion à l'UE et à l'Otan de la petite république balkanique désormais nommée Macédoine du Nord.

Au moment où quelques centaines de Grecs s'étaient rassemblés sous la pluie devant la Vouli (le parlement), une majorité de 153 députés sur 300 ont mis un terme à près de 30 ans de dispute entre les deux voisins. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a immédiatement salué un 'jour historique' sur Twitter, voyant dans le vote 'une nouvelle page pour les Balkans.

Il est avec son homologue macédonien Zoran Zaev le principal artisan de cet accord qui oeuvre selon lui 'pour l'amitié, la coopération et la paix'.

'Pour une paix éternelle'

Le chef du gouvernement macédonien a également salué une 'victoire historique' et félicité son 'ami' Alexis Tsipras. 'Ensemble avec nos peuples, nous avons remporté une victoire historique. Vive l'accord de Prespa ! Pour une paix éternelle et le progrès des Balkans et en Europe', a-t-il tweeté.

Le texte qui rebaptise l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) en 'République de Macédoine du Nord', a été adopté au terme de près de 40 heures de débats houleux, et d'un décompte des votes ponctué de huées. Un élu d'extrême droite a crié 'Non à la trahison' en votant 'Non'.

Au-delà de la question du nom, l'accord dit de Prespes (ou Prespa), qui rebaptise le pays en 'République de Macédoine du Nord', constitue aussi la porte d'entrée de l'UE et de l'Otan pour cette ancienne république yougoslave, coincée entre l'Albanie, le Kosovo, la Serbie, la Bulgarie et la Grèce. Athènes a mis son veto à cette adhésion tant que l'accord ne serait pas ratifié.

'Mission impossible accomplie'

Saluant une 'étape cruciale', le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'est félicité que 'les deux pays (aient) saisi cette occasion unique qui (...) impulsera un nouvel élan à la perspective européenne dans la région'. 'Mission impossible accomplie', a tweeté Donald Tusk, le président du Conseil européen.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a déclaré 'attendre avec impatience l'adhésion à l'Otan de la future République de Macédoine du Nord'. Il a salué la 'contribution importante' d'Athènes 'à la stabilité et à la prospérité de toute la région'.

La Suisse a également salué un accord historique qui envoie un signal fort pour la stabilité et les relations de bon voisinage dans toute la région, selon le Département fédéral des affaires étrangères.

Mise en oeuvre complexe

L'accord augure d'une mise en oeuvre complexe et minutieuse allant du recadrage de la statue d'Alexandre le Grand à Skopje aux arbitrages commerciaux. Il engage les deux parties à 'respecter la souveraineté et l'intégration territoriale' de chacune et à ne pas 'autoriser' ou 'soutenir' des 'déclarations irrédentistes'.

La nationalité des ressortissants du petit Etat balkanique continuera d'être désignée comme 'macédonienne' sur leurs papiers d'identité et passeports. Mais cette mention, qui 'fait référence à un contexte historique et un héritage culturel différent', sera suivie de la précision '/citoyen de Macédoine du Nord'.

L'enjeu est de ménager le refus grec de reconnaître l'existence d'une nation macédonienne, car le texte gréco-macédonien, signé le 17 juin sous l'égide de l'ONU, est loin d'être anodin pour la population grecque. La mobilisation n'a pas faibli contre le nouveau nom de la Macédoine, à en croire la détermination des manifestants.

Brèves échauffourées

A l'appel des organisations défendant 'la grécité' de la Macédoine, quelques milliers de personnes avaient manifesté jeudi soir. Le rassemblement s'est soldé par de brèves échauffourées devant le Parlement, où les députés continuaient de débattre depuis mercredi.

Dimanche, de violents incidents avaient éclaté au cours d'un rassemblement de 60'000 à 100'000 protestataires sur la place Syntagma. Le gouvernement avait pointé du doigt des extrémistes du parti néonazi Aube Dorée qui tentaient de pénétrer dans le parlement. Pour les Grecs, le terme Macédoine n'appartient qu'à leur patrimoine historique et à la province éponyme du nord de leur pays, terre natale d'Alexandre le Grand.

La majorité des partis politiques étaient farouchement opposés à l'accord. Ce sont surtout les 145 députés du Syriza et quelques dissidents de l'ancien allié d'Alexis Tsipras, le parti souverainiste des Grecs Indépendants Anels et de petits partis centristes, Kinal (socialistes) et Potami, qui ont voté pour l'accord vendredi.

Voté le 11 janvier par le Parlement macédonien, l'accord nécessitait l'approbation du Parlement grec pour entrer en vigueur.

/ATS
 

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