Le gouvernement maintient sa réforme des retraites, avec des concessions

Le gouvernement français a maintenu mercredi son projet de système universel de retraites. ...
Le gouvernement maintient sa réforme des retraites, avec des concessions

Retraites françaises: des concessions, mais la fronde continue

Photo: KEYSTONE/EPA/CHRISTOPHE PETIT TESSON

Le gouvernement français a fait des concessions mercredi sur son projet de système universel de retraites après une semaine de grève qui paralyse les grandes villes, mais sans réussir à apaiser des syndicats. Ces derniers sont unanimes dans leur rejet de la réforme.

'Le temps est venu de créer un système universel de retraite', a asséné le premier ministre français Édouard Philippe, envoyant une fin de non recevoir aux manifestants qui réclament depuis le 5 décembre le retrait de cette réforme.

Face à cette nouvelle fronde sociale, le président français Emmanuel Macron, qui a fait de la 'transformation' du pays la raison d'être de son quinquennat, joue gros sur cette réforme. Les détracteurs du projet comptent sur l'impopularité de M. Macron pour sortir victorieux du conflit.

'Le temps du système universel est venu. Celui des régimes spéciaux s'achève', a affirmé M. Philippe dans un long discours, en référence aux nombreux 'régimes spéciaux' qui permettent actuellement à certaines professions en France de partir plus tôt en retraite, notamment les cheminots et les conducteurs du métro parisien.

Travailler plus longtemps

Les opposants les plus virulents espèrent faire durer le mouvement et mettre le pays à l'arrêt comme lors de la longue grève de décembre 1995. 'Nous mettrons fin aux régimes spéciaux', mais 'progressivement, sans brutalité, avec respect', a dit Edouard Philippe.

Ainsi, la réforme ne s'appliquera qu'aux Français nés en 1975 et après, a-t-il concédé, annonçant également une série de mesures en direction des plus précaires, notamment l'instauration d'une retraite minimale garantie à 1000 euros et la 'sanctuarisation' du niveau de pension des enseignants, fervents opposants de la réforme.

Mais, a averti le chef du gouvernement, 'la seule solution est de travailler un peu plus longtemps et progressivement, comme c'est le cas partout en Europe'. Ainsi, même si l'actuel âge légal de départ à la retraite reste fixé à 62 ans, la réforme 'incitera' à travailler jusqu'à 64 ans, un âge 'raisonnable', selon M. Philippe.

'Ligne rouge franchie'

Les annonces gouvernementales ont suscité l'unanimité des syndicats contre elles, en particulier cette mesure de l'âge 'd'équilibre'. La 'ligne rouge' a été franchie, a réagi Laurent Berger, numéro un du premier syndicat de France, la CFDT, une organisation réformatrice avec laquelle le gouvernement pouvait espérer faire accepter sa réforme.

'Nous allons discuter. Ma porte est ouverte. Ma main est tendue', lui a répondu Édouard Philippe lors des questions des sénateurs au gouvernement.

Il s'agit également d'une ligne rouge pour l'UNSA, un des trois plus importants syndicats à la compagnie ferroviaire SNCF, dont le secrétaire général, Laurent Escure, a averti que la mobilisation pourrait 'se globaliser'.

Le premier ministre a estimé que 'les garanties données aux populations les plus inquiètes justifient que le dialogue reprenne et que la grève qui pénalise des millions de Français s'arrête'. Mais les syndicats ne semblent pas prêts à cesser leur mouvement.

Appel à 'renforcer la mobilisation'

'Le gouvernement s'est moqué du monde', a vertement réagi Philippe Martinez, numéro un de la CGT, deuxième syndicat de France. Le syndicat FO appelle à 'renforcer la mobilisation' et la FSU (premier syndicat chez les enseignants) assure que 'le mécontentement et la détermination restent entiers'.

Il n'y a guère que le président du Medef (patronat), Geoffroy Roux de Bézieux, pour trouver un 'bon équilibre' dans les propositions d'Édouard Philippe.

La grève devrait donc se poursuivre, au grand dam des milieux du tourisme et du commerce, inquiets à l'approche des fêtes de fin d'année.

Le trafic SNCF et RATP restera d'ailleurs très perturbé jeudi, avec notamment 1 TGV sur 4 en circulation et 10 lignes de métro fermées, au huitième jour de grève contre la réforme des retraites.

La SNCF sera en mesure d'assurer 1 train de banlieue parisienne et 1 train Intercités sur 4 en moyenne. A la RATP, le RER A circulera à raison d'un train sur 2 et le RER B à hauteur d'un train sur 3 en heures de pointe.

/ATS
 

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