Le premier ministre ivoirien désigné pour succéder au président Ouattara

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a été désigné dans la nuit de jeudi à vendredi ...
Le premier ministre ivoirien désigné pour succéder au président Ouattara

Le premier ministre ivoirien désigné pour succéder au président Ouattara

Photo: Compte Twitter de M. Gon Coulibaly

Le Premier ministre ivoirien Amadou Gon Coulibaly a été désigné dans la nuit de jeudi à vendredi candidat du parti au pouvoir à la présidentielle du 31 octobre. Un scrutin qui s'annonce tendu.

Le Conseil politique du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a désigné le chef du gouvernement à l'unanimité, a affirmé Amadou Gon Coulibaly. 'Je mesure l'ampleur de la responsabilité et l'ampleur de la charge', a-t-il ajouté.

Si ce choix était un secret de polichinelle depuis des semaines, sa désignation sans vote par le bureau politique, une semaine à peine après l'annonce du président de ne pas briguer un troisième mandat est une surprise.

Esprit de gouvernance

Premier ministre depuis 2017, M. Gon Coulibaly, 61 ans, a accompli toute sa carrière dans l'ombre du président, dont il est un des proches et dont il a la confiance. Il a été le secrétaire général de la présidence, de l'arrivée au pouvoir de M. Ouattara jusqu'à sa nomination comme Premier ministre.

Ancien haut fonctionnaire et ancien ministre de l'Agriculture, il a été formé en France et, comme son mentor, maîtrise bien les circuits financiers internationaux. Issu d'une grande famille de Korhogo (nord), il est à ce titre très influent chez les chefs traditionnels. Il a été maire de la quatrième ville du pays de 2001 à 2018.

'Si nous voulons que notre pays continue d'évoluer dans l'esprit de gouvernance (de M. Ouattara), Gon est le mieux placé', a affirmé le ministre de la défense Hamed Bakayoko, à qui certains prêtaient des ambitions.

Critiques à l'interne

Plusieurs cadres du RHDP ou des membres de la majorité présidentielle s'étaient montrés sceptiques quant à la candidature de Gon Coulibaly avant cette désignation officielle. Ainsi les ministre de l'Enseignement supérieur ou des Affaires étrangères avaient-ils évoqué leur candidatures.

Dans les rangs du RHDP, certains estimaient avant le bureau politique sous couvert d'anonymat que 'Gon n'est pas charismatique. Il est cassant. Il est clivant au sein de notre camp. C'est un grand travailleur, un excellent ministre ou Premier ministre mais ce n'est pas un bon candidat'.

Avec cette désignation sans vote et très rapide, Alassane Ouattara a 'surement voulu couper l'herbe sous le pied' de ceux qui auraient voulu contrer Gon, estime un observateur avisé de la vie politique ivoirienne.

La logique du parti a en tout cas prévalu et la plupart des barons dont Mabri Toikeusse ont désormais adoubé Gon comme le successeur de M. Ouattara.

'J'ai lancé un appel à toutes mes soeurs et à tous mes frères pour que nous soyons unis. Nous devons gagner ces élections au premier tour!', a déclaré le Premier ministre. Depuis quelques mois et contrairement à ses habitudes du début, le Premier ministre s'est souvent mis en avant lors des manifestations publiques. Il est aussi devenu plus avenant avec les journalistes.

'Un non-événement'

Le 5 mars dernier, Alassane Ouattara a mis fin à des mois de suspense en annonçant qu'il ne briguerait pas un troisième mandat, une décision surprise saluée dans le pays et à l'étranger.

Dans l'opposition, on a balayé de la main cette annonce. Assoa Adou, un proche de l'ancien président Laurent Gbagbo, a parlé 'd'un non-événement' et 'une mise en scène' visant 'à pérenniser un système'.

Le climat politique est tendu en Côte d'Ivoire avant la présidentielle qui se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, et qui avait fait 3000 morts.

Au sein de l'opposition, l'ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ex-chef de la rébellion pro-Ouattara, mais devenu un de ses adversaires, est le seul à s'être déclaré candidat. Accusé de complot, sous le coup d'un mandat d'arrêt en Côte d'Ivoire, il vit actuellement en France.

/ATS
 

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