Silence électoral en Italie avant un référendum crucial pour Renzi

Le 'silence électoral' était de rigueur samedi en Italie à la veille d'un référendum constitutionnel ...
Silence électoral en Italie avant un référendum crucial pour Renzi

Silence électoral en Italie avant un référendum crucial pour Renzi

Photo: Keystone

Le 'silence électoral' était de rigueur samedi en Italie à la veille d'un référendum constitutionnel crucial pour Matteo Renzi. Le chef du gouvernement, comme ses opposants, ont pourtant appelé leurs partisans à convaincre les nombreux indécis jusqu'au dernier moment.

Alors que tout commentaire est interdit dans les médias jusqu'à la clôture des bureaux de vote dimanche à 23h00, #silenzioelettorale figurait aussi parmi les mots-clés les plus utilisés samedi sur Twitter. La plupart des internautes se réjouissaient de cette pause après une campagne où le ton est souvent monté.

Quelque 50 millions d'électeurs sont appelés à se prononcer dimanche sur cette réforme qui prévoit une réduction drastique des pouvoirs du Sénat, une limitation des prérogatives des régions et la suppression des provinces, l'équivalent des départements français.

L'incertitude quant au résultat provoque des sueurs froides en Europe et sur les marchés financiers. Après le choc du Brexit et la montée des mouvements populistes, on redoute une nouvelle phase d'instabilité dans la troisième économie de la zone euro.

Une vaste majorité des politiciens, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite en passant par les populistes du Mouvement 5 Etoiles (M5S) ou de la Ligue du Nord, et même des 'frondeurs' du Parti démocrate (PD) de M. Renzi, appellent à voter non. Ils dénoncent le risque d'une trop forte concentration des pouvoirs dans les mains du chef du gouvernement.

Plébiscite pour ou contre Renzi

Inévitablement, le scrutin a aussi pris la forme d'un plébiscite pour ou contre M. Renzi (centre-gauche). Le chef du gouvernement n'en a été que plus omniprésent dans les médias et sur les réseaux sociaux pour défendre 'sa' réforme, censée simplifier la vie politique dans un pays ayant vu défiler 60 gouvernements depuis 1948.

'Allez voter pour que Renzi ne devienne pas votre patron et le patron de l'Italie', a lancé vendredi soir l'ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi (centre-droit). Il a assuré que M. Renzi devrait 'abandonner la politique' en cas d'échec.

Les derniers sondages remontent à deux semaines, car ils sont interdits pendant les 15 jours précédant le scrutin. Ils donnaient 5 à 8 points d'avance au non, mais avec encore beaucoup d'indécis.

Italiens de l'étranger mobilisés

Lors d'un dernier meeting de campagne vendredi soir à Florence, M. Renzi a pressé ses partisans d'aller chercher et convaincre ces électeurs hésitants, 'un par un, parce que tout se joue dans ces 48 heures'. Dans la foule venue l'écouter, certains militants enthousiastes semblaient prêts à continuer à inonder leurs proches d'arguments, d'autres un peu moins.

En face, l'humoriste Beppe Grillo, fondateur du M5S, a réuni ses troupes lors d'un dernier meeting vendredi soir à Turin. Il a appelé les Italiens à 'se réveiller' et à voter non au référendum 'avec les tripes' pour défendre leurs libertés.

L'éventualité d'un scrutin serré a alimenté ces derniers jours une polémique sur le vote des Italiens à l'étranger, qui s'est clôt jeudi soir. Ces expatriés, plutôt favorables au oui, représentent 7,7% du corps électoral. Selon les médias italiens, leur participation a été forte. Or, ils votent par correspondance, sans la garantie d'un isoloir. Ce serait motif à recours si ces votes se révélaient décisifs.

/ATS


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