L’assemblée des délégués de l’Interprofession du Gruyère s’est réunie mercredi à La Couronne à Sonceboz. L’année 2023 est considérée comme globalement bonne malgré une production réduite.
Globalement bonne. Voilà comment l’Interprofession du Gruyère a résumé son année 2023 lors de l’assemblée des délégués qui se tenait mercredi à La Couronne à Sonceboz. Parmi les points noirs au tableau, la baisse de la production totale. Les ventes ont, elles aussi, quelque peu reculé, surtout en France et en Belgique. En revanche, ces dernières enregistrent un niveau record en Suisse avec près de 19'000 tonnes de Gruyère AOP acheté en 2023.
La production totale en baisse
Depuis deux ans, la production totale de Gruyère AOP est en baisse. Concrètement, elle est passée de 32'739 tonnes en 2022 à 30'173 tonnes en 2023, soit une baisse de plus de 2500 tonnes. La raison ? Le Covid. Une mesure prise afin de compenser les décisions trop optimistes à la sortie de la pandémie. « On a été trop confiants sur les perspectives de marché après le Covid, on a trop produit et depuis il a fallu absorber ce surstock », explique Philippe Bardet, directeur de l’Interprofession du Gruyère.
Philippe Bardet : « C’était bizarre ce qui s’est passé pendant le Covid, on a sûrement fait des réflexions faussées à cause de ça. »
Les ventes baissent aussi, sauf en Suisse
La même tendance est observée au niveau des ventes qui ont décru tout au long de l’année dernière, avec seulement 31’000 tonnes vendues, soit 300 tonnes de moins que 2022. Pour autant pas de quoi s’alarmer, rassure Philippe Bardet. « Depuis 25 ans qu’on est actifs pour la promotion du Gruyère, on a déjà eu quelques soubresauts mais dans l’ensemble la tendance reste toujours positive au niveau des ventes », rappelle le directeur de l’IGP. La différence est surtout notable sur les ventes en France et en Belgique. « Dans ces pays, on a un concurrent qui a un produit d’excellente qualité, c’est le Comté, et ils ont fait exactement la même réflexion que nous à la sortie du Covid sauf que nous on est à 30'000 tonnes et eux à 70'000 tonnes et aujourd’hui pour écouler leur stock, ils font des promotions qui vient concurrencer la vente du Gruyère », détaille encore Philippe Bardet. En revanche, la tendance s’inverse en ce qui concerne la Suisse. L’année 2023 aura été marquée par un nouveau record des ventes de Gruyère avec 18'754 tonnes écoulées. « J’ose affirmer que tous consommateur suisse qui mange du fromage a un morceau de Gruyère dans son frigo, il y a un attachement très fort à ce produit », conclut le directeur de l’IPG.
Perspectives 2024
En ce qui concerne les perspectives pour 2024, les premiers signes du marché sont jugés encourageants avec des augmentations de volumes consommés de Gruyère et un prix du lait considéré comme décent. Les organes de l’Interprofession promettent de rester attentifs à l’évolution des ventes et des prix du Gruyère AOP. À noter également le départ en 2025 de l’actuel directeur de l’IPG, Philippe Bardet, ainsi que la création d’un poste de secrétaire général, attribué à Jean-Philippe Kunz, qui aura pour mission de renforcer la direction et de s’atteler aux dossiers politiques. /rme