Sacré cochon, le prix du porc a chuté

Le kilo de viande de boucherie était rémunéré 4,80 francs l'été dernier et a baissé à 3,30 ...
Sacré cochon, le prix du porc a chuté

Le kilo de viande de boucherie était rémunéré 4,80 francs l'été dernier et a baissé à 3,30 francs en ce début d'année. Une surproduction est en cause et, malgré l'entrée en vigueur de mesures d'urgence, les perspectives à court terme ne sont pas bonnes. Impacts dans le Jura.

La viande de porc n'est aujourd'hui achetée que 3,30 francs le kilo aux producteurs. La viande de porc n'est aujourd'hui achetée que 3,30 francs le kilo aux producteurs.

Le prix du porc a fortement baissé ces derniers mois. Si le kilo de viande de boucherie était encore payé 4,80 francs au producteur en août dernier, il ne vaut plus que 3,30 francs depuis le début de l’année. Conséquence, les éleveurs produisent à perte. « On est dans des niveaux de prix qui ne permettent pas de couvrir les coûts de production ou de réinvestir dans les structures », dénonce Vincent Boillat, vice-président d’AgriJura. La chute du prix est notamment due à une surproduction d’environ 10 % en Suisse, causée par des caractéristiques cycliques et saisonnières du marché du porc. « La surproduction est due à l’augmentation de la productivité des truies. Chaque année, une truie met bas 0,4 porcelet en plus, en raison de l’évolution génétique. Le printemps et l’été sont particulièrement favorables pour la consommation de viande de porc, contrairement à l’automne et à l’hiver », explique Vincent Boillat. 

Vincent Boillat explique d’où vient l’offre excédentaire sur le marché du porc.

L'évolution du prix du porc. (Illustration : suisseporcs.) L'évolution du prix du porc. (Illustration : suisseporcs.)

Les perspectives ne sont pas roses, malgré des mesures d’urgence

Avec 140 exploitations détentrices de porcs, le Jura, 13e canton suisse en matière de production porcine, est fortement concerné. Surtout que le canton compte de grandes exploitations récentes dans lesquelles les producteurs ont grandement investi. Une mesure urgente a été prise mi-février pour tenter de rééquilibrer le marché : « Un prélèvement est fait sur les porcs abattus pour alimenter un fonds qui sera utilisé pour exporter de la viande de porc de manière à désengorger le marché », explique Vincent Boillat. « Et ces prochains mois, suisseporcs pourrait décider d’une contribution versée aux exploitations qui cessent l’élevage de porcs. Le but est de réduire le cheptel de porcs suisses ». Malgré cela, les perspectives ne sont pas bonnes : « A court terme, j’ai quelques doutes. Des stocks congelés ont été faits, il faudra les écouler avant d’envisager des hausses de prix », estime le vice-président d’AgriJura et éleveur de porcs Bio à Courtemelon. /mmi

Vincent Boillat détaille les mesures prises pour tenter d’enrayer la chute du prix du porc.

Dans son exploitation de Courtemelon, Vincent Boillat élève des porcs Bio, un marché à part. Dans son exploitation de Courtemelon, Vincent Boillat élève des porcs Bio, un marché à part.


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