La Girolle change de fabricant. La confection du célèbre racloir à Tête de Moine sera assurée par la coutellerie Swiza à Delémont et non plus par la société de décolletage Métafil-laGirolle à Lajoux, berceau historique de l’appareil inventé en 1981 par Nicolas Crevoisier. La décision a été prise par le groupe Merse qui détient les deux entreprises. Elle a été annoncée mardi par Swiza. La vente et le marketing de la Girolle seront repris dès la fin du premier semestre et la production d’ici au début de l’année prochaine. La fabrication de l’appareil s’effectuera sous l’égide d’une plateforme de valorisation du savoir-faire industriel de l’Arc jurassien, « Les Ateliers du Jura ». La société Helvetica Brands - qui détient la marque de couteaux Swiza - change ainsi de nom pour adopter la nouvelle appellation. Le directeur des Ateliers du Jura dit se réjouir de l’arrivée de la Girolle. « C’est un objet iconique et qui a des similitudes avec les couteaux Swiza, en termes de métiers, et c’est un produit qui est de la région », indique Fabio Monti. L’homme précise qu’il n’est pas prévu, du moins dans un premier temps, de « relooker » la Girolle. « L’objectif numéro un est de pérenniser et de garantir la qualité du produit comme il est à l’heure actuelle », affirme le directeur des Ateliers du Jura. Il considère également que la Girolle est encore aussi innovante que dans les années 80, même si des rosettes de Tête de Moine sont commercialisées depuis lors. Pour Fabio Monti, elle s’inscrit dans une tendance qui va à l’inverse du fast-food et dont le geste produit « un moment de partage ».
Fabio Monti : « Je trouve la Girolle encore extrêmement moderne. »
Du côté de chez Métafil-laGirolle, la perte de la fabrication de la Girolle n’entraînera pas de suppressions d’emplois dans l’immédiat. Une telle éventualité n’est toutefois pas totalement exclue à l’avenir, indique le directeur de l’entreprise installée à Lajoux, Pierre Rom.
Une collaboration de prestige avec Richard Mille
La reprise de la fabrication de la Girolle par Swiza s’inscrit donc dans une démarche de valorisation des atouts industriels de la région, à travers les Ateliers du Jura. La plateforme a déjà conduit à un projet mené avec Pomoca - leader mondial de la peau de phoque - et la société PB Swiss Tools, active dans la fabrication d’outils et d’instruments. Un couteau de poche dédié aux activités de plein air a ainsi été présenté en avril dernier à la Patrouille des Glaciers. La première réalisation des Ateliers du Jura est toutefois passée par une collaboration avec Richard Mille. Elle a débouché sur la création d’un couteau de collection qui est produit en série très limitée pour les visiteurs de la manufacture horlogère. « La lame a été forgée à la main par le forgeron Marc Grélat à Asuel et s’insère dans un manche fabriqué dans une matière extrêmement technologique utilisée également dans les montres Richard Mille », souligne Fabio Monti. L’homme considère ainsi que « cette fusion de deux savoir-faire est emblématique de ce que les Ateliers du Jura sont capables de faire dans leur écosystème ».
Fabio Monti : « Cette collaboration est représentative des Ateliers du Jura puisque nous avons regroupé différents savoir-faire ».
Fabio Monti indique, enfin, que les Ateliers du Jura sont appelés à développer d’autres collaborations à l’avenir. /comm-fco








